Pourquoi la perte d’ARM serait un gros coup dur pour Huawei

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La semaine dernière, Washington a décidé de bloquer l’accès de Huawei aux technologies américaines.
La semaine dernière, Washington a décidé de bloquer l’accès de Huawei aux technologies américaines. (Crédits : Charles Platiau)
La société britannique, qui conçoit des puces pour tous les cadors mondiaux des smartphones et de la tech, a décidé de limiter, voire de cesser, de collaborer avec le géant chinois des télécoms. Ce qui pourrait lui poser de graves difficultés.

ARM n'est pas connu du grand public. Et pourtant, son activité est essentielle dans le monde des nouvelles technologies. La société britannique, qui compte 6.000 salariés et possède notamment huit centres de recherche aux Etats-Unis, conçoit des semi-conducteurs pour l'ensemble de l'industrie des télécoms. Elle ne produit pas directement des processeurs, mais ses licences sont utilisées par tous les grands groupes, comme l'américain Qualcomm, le sud-coréen Samsung et, bien sûr, Huawei. Son savoir-faire se retrouve dans la quasi-totalité des smartphones et des tablettes. En clair, c'est un acteur aujourd'hui indispensable sur le marché.

Or selon la BBC, ARM a pris des mesures pour limiter, voire cesser, ses relations avec Huawei. Le groupe, dont les technologies utilisent des éléments d'origine américaine, a demandé à ses employés de suspendre tous ses contrats en cours avec le groupe chinois. A l'AFP, l'entreprise a déclaré qu'elle voulait « se conformer à toutes les dernières réglementations décidées par l'administration américaine ». La semaine dernière, Washington a décidé de bloquer l'accès de Huawei aux technologies américaines. Depuis, plusieurs groupes du pays de l'Oncle Sam, dont Google et les fabricants de semi-conducteurs comme Qualcomm, ont décidé de cesser de commercer avec le champion chinois des équipements télécoms et des smartphones.

« ARM est juste irremplaçable »

Pour bon nombre d'observateurs, une fin de la coopération de ARM avec Huawei pourrait s'avérer dévastatrice pour ce dernier. Fondateur du cabinet de recherche américain américain Techsponential, Avi Greengart n'y va pas par quatre chemins. A ses yeux, « ARM est juste irremplaçable ». « Les processeurs mondiaux sont tous fabriqués selon la conception d'ARM, poursuit-il. ARM vend ses licences à tout le monde. » Sans ARM, beaucoup estiment qu'il sera extrêmement difficile pour Huawei de rester en pointe dans les smartphones.

ARM a été rachetée en 2016 par le géant nippon des télécoms Softbank. Pour s'offrir le concepteur de puces pour smartphones, le groupe japonais n'a pas hésité à casser la tirelire : il a déboursé l'équivalent de 29 milliards d'euros. A l'époque, Masayoshi Son, le patron de Softbank, a justifié cette emplette en arguant qu'ARM était bien positionné pour saisir les opportunités de l'Internet des objets.

A noter que Softbank est aussi le propriétaire de l'opérateur américain Sprint. En outre, Masayochi Son est réputé proche de Donald Trump. Il n'a eu de cesse de le caresser dans le sens du poil depuis son arrivée à la Maison Blanche. Il a été l'un des premiers grands patrons à féliciter publiquement le président américain pour son élection, tout en lui promettant d'énormes investissements au pays de l'Oncle Sam. De très médiatiques sorties, qui ont été perçues comme un moyen de s'attirer les bonnes grâces de Donald Trump. Afin, possiblement, de décrocher enfin le feu vert des autorités américaines pour réaliser la fusion de Sprint avec son rival T-Mobile US. Ce lundi, le régulateur américain des télécoms s'est d'ailleurs montré favorable à un tel mariage.

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a écrit le 28/05/2019 à 11:17 :
A court, voir moyen terme le coup est rude pour Huawei.
Encore qu'il semble qu'on soit en phase de menaces/pression réversible.
A plus long terme en revanche c'est ARM qui est condamné.
Quel que soit l'issue des négociations US/Chine.
Toute l'industrie électronique chinoises, donc planétaire, aura à cœur de ne plus être dépendante. Et elle en à les moyens. Il faudra sans doute quatre ou cinq ans pour avoir un ensemble performant software/hardware et lui faire prendre une place suffisante.
D'autant que la résistance risque de ne pas être féroce venant d'intervenant ayant besoin d'un accès au marché chinois, mais aussi sous la double menace US et chinoise (sans parler de l’accès au terres rares et aux brevets chinois qui eux aussi prennent de l'importance)
a écrit le 24/05/2019 à 14:48 :
Je connais ARM depuis des années, quand il s'appelait encore Acorn. J'ai travaillé sur leur interconnection AMBA. Ils ont repris beaucoup des technologies ( et des personnels ) de Plessey, Ferranti et Motorola-UK. C'est curieux que les British aient laissé cette pépite aux mains des Nippons. ARM est devenu l'architecture dominante dans tous les équipements portables. Mais il y a aussi l'architecture POWER, développée par IBM, Motorola et Apple qui pourrait "reprendre du poil de la bête".
Réponse de le 24/05/2019 à 22:00 :
Acorn Archimedes et RISC PC ... l'avenir était déjà là.
Réponse de le 24/05/2019 à 22:01 :
Acorn Archimedes et RISC PC ... l'avenir était déjà là.
a écrit le 24/05/2019 à 12:03 :
Curieux pour une Nation qui a "inventé" le Libéralisme. La libre concurrence, le libre échange des biens, l'obligation commerciale d'honorer un client, tout cela, jeté à l'eau…Mais en fait, n'est-ce pas aussi une façon de voir les limites d'un libéralisme économique qui , convertit en néo-libéralisme, commençait à gravement sortir de l'épure...
a écrit le 23/05/2019 à 23:02 :
Zut ! Je croyais que les chinois étaient à la pointe de la technologie. On leur enlève ARM et Google et tout s'effondre ...
Réponse de le 24/05/2019 à 8:43 :
les technologies ARM sont peut être importantes mais elles seront sans doute remplaçables a moyen terme par contre je doute que ce soit la même chose pour les terres rares possédées principalement par la chine. Mais tout cela n'est que du ciné de trump dans 90 jours un accord sera trouvé .
Réponse de le 24/05/2019 à 10:00 :
a jean, les terres rares, il y en a partout! apres que les chinois aient cassé l industrie mondiale des mines de terres rares en subventionnant abusivement leur minerai, les mines du monde entier sont prettes a rouvrir car depuis la chine ayant le monopole, a augmenté les tarifs aussi abusivement, meme les mines de france n attendent plus que les autorisations politiques pour rouvrir!
Réponse de le 24/05/2019 à 12:56 :
En outre, Masayochi Son est réputé proche de Donald Trump. Il n'a eu de cesse de le caresser dans le sens du poil depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Et ca, ca ne vous alerte pas ? Donc il doit etre proche de BAnnon aussi ? et pour vous tout va bien ?
a écrit le 23/05/2019 à 22:53 :
D.Trump à raison de se protéger des Chinois. Vous ne les connaissez pas. Pour avoir passé 27 ans de ma vie en Chine je peux vous dire qu'ils nous pillent tout ce que nous avons puisque la copie n'est pas un problème pour eux. Ce pays ne s'ouvrira jamais aux étrangers, sauf si ils en ont besoin. Le marché Chinois n'est pas pour nous mais pour eux. Ils ne partagent pas, ne donnent pas et ne vous laissent pas monter de business chez eux et si vous y arrivez ils vous détruiront pour vous le prendre. Ils prennent!!! Un pays qui ne s'ouvre pas ne peut pas se développer. En 2019 la misère est partout en Chine sauf dans les grandes villes qui sont la vitrine pour les étrangers que nous sommes. Acheter Huawei ou autres produits chinois et petit à petit nous nous détruirons nous même. Le Japonais ont détruit le marché Américains de l'automobile!!! Nous Européens avec nos belles idées socialistes du pauvre petit chinois, nous nous laissons endormir.
Réponse de le 24/05/2019 à 15:40 :
Le problème de Trump est qu'il déglingue tout ce qui entrave son intérêt.
(Iran,Venezuela,Chine, Russie) ou n'est pas assez docile à son gout (UE).
En contradiction totale avec la les règles internationales existantes.
C'est le retour de la loi du plus fort qui impose.
Aucune société, aucun pays, n'est à l’abri des foudres US.
Le choix est alors d'applaudir, en oubliant que notre tour viendra, ou d'essayer de rétablir un peu l'ordre.
a écrit le 23/05/2019 à 21:48 :
Au moins les US et UK se défendent.Nous que faisons nous? A part vendre ne tgv et ses technonogies? L'europe dois aussi.montrer les dents parfois!
Réponse de le 24/05/2019 à 16:20 :
Enfin, les US et UK érigent des lignes Maginot. La puissance de feu de Huawei (encore une fois, parti de rien il y a 20 ans et aujourd'hui leader mondial incontestable en matière de 5G) est telle qu'ils n'auront guère de difficulté à surmonter ce contretemps.
a écrit le 23/05/2019 à 20:54 :
Juste un contretemps pour Huawei... Une entreprise qui en moins de 20 ans, partie de rien, est devenue n°1 mondial des télécoms au point de faire la course en tête sur la 5G est parfaitement capable en quelques mois de développer une alternative efficace à ARM... et à partir de la version libre d'Android, de développer un écosystème parfaitement comparable (voire compatible) avec celui de Google (très possible car la base de smartphones Huawei/Honor est maintenant très importante). Le monde des télécoms est plein d'entreprises incontournables très rapidement contournées (ex: Cisco).
Réponse de le 23/05/2019 à 23:12 :
Les usa tout comme toute les grandes puissances font de l'espionnage industriel
Les chinois comme Huawei
Ont une puissance financière,humaine qu'ils vont vite contourner les obstacles avec un marché d'un milliard d'individus!!!
Réponse de le 24/05/2019 à 22:04 :
En quelques mois développer une alternative efficace à ARM, non, sans rire ?
ARM c'est 34 années de développement et les meilleurs cerveaux européens puis américains sur le coup. Faut pas rêver ARM est indéboulonnable. Softbank l'a payé 32 milliards de dollars, et ça les vaut.
a écrit le 23/05/2019 à 18:35 :
Y'a un sujet que semble oublier tout le monde...
l'énorme majorité des composants sont fabriqués en chine, y compris lesdites puces ARM (qui, me semble t il, n'a pas d'usine, et fait tout fabriquer sous license...)
Réponse de le 23/05/2019 à 20:36 :
Petite precision: ARM ne vend pas de composants, seulement une brique technologique, appelé IP (un modele "logique" du processeur) que chaque client (Apple, Samsung, Huawei,...) implemente en silicium suivant ses besoins, parfois avec de la customisation. Suivant les competances certains clients peuvent ainsi tourner le processeur ARM plus rapidement que leur competiteur.
Seconde precisision: hormus Intel et Samsung qui ont des capacités internes, toute l'industrie va chez TSMC à Taiwan (du moins pour les processeurs et le haut de gamme des portables). Pour l'assemblage (pakaging), il y a de nombreuses alternatives à Taiwan, Singapore, Coree, Malaisie, etc.
Si la Chine veut reprendre la main, il leur suffit de reprendre Taiwan et le contrôle de TSMC; il bloqueront alors l'industrie du semiconducteur dans son ensemble.En moins de 6 mois, plus un téléphone, un ordinateur, une machine à laver ou une voiture ne sera produite. Trump pourra pleurer sauf a faire la guerre en Asie!

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