La France se lance enfin dans la course à la 5G
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En permettant de connecter à la fois les hommes, les produits et les services, la 5G représente un saut technologique sans précédent.
Kai Pfaffenbach
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En permettant de connecter à la fois les hommes, les produits et les services, la 5G représente un saut technologique sans précédent.
Kai Pfaffenbach
Ce n'est pas trop tôt ! Après des mois de difficiles négociations, la France s'est enfin lancée dans la course à la 5G. En fin de semaine dernière, l'Arcep, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes, a publié les modalités d'attribution des fréquences destinées à cette nouvelle génération de communication mobile aux opérateurs. La vente de ces actifs devrait avoir lieu au printemps prochain. Dans la foulée, les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free commenceront à déployer leurs nouvelles antennes à travers le pays, avec un objectif d'au moins deux villes couvertes par opérateur d'ici à la fin 2020.
Le cahier des charges de cette vente de fréquences, qui comprendra des enchères financières, a été laborieux à définir. D'où son retard : sa publication était initialement prévue pour le mois d'octobre, pour une attribution des fréquences début 2020. Leur vente va constituer un moyen pour l'État d'encaisser un gros chèque, toujours bienvenu en ces temps de disette budgétaire. Les opérateurs, quant à eux, se sont mobilisés pour demander au gouvernement de ne pas se montrer trop gourmand, arguant qu'un euro investi dans les fréquences ne l'est pas dans le déploiement des réseaux, et donc dans la couverture du pays. Dans le cadre du processus d'attribution, l'État a finalement fixé un prix de réserve à 2,17 milliards d'euros.
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Ce tarif plancher est jugé trop élevé par les opérateurs. « Nous sommes dans une équation inédite avec des opérateurs qui n'ont jamais eu autant d'obligations d'investissement [dans les territoires les moins peuplés et les moins rentables, ndlr] et un montant potentiellement engagé dans les fréquences aussi important », déplore Arthur Dreyfuss, le président de la Fédération française des télécoms (FFTélécoms), par ailleurs secrétaire général de SFR. « Cette équation n'est pas cohérente avec ce qui a été avancé ces derniers mois par le gouvernement », dézingue-t-il. De son côté, l'Arcep, par la voix de son président, Sébastien Soriano, estimait qu'un montant de 1,5 milliard d'euros était « un grand maximum » à ne pas dépasser. Et ce pour éviter un scénario où Orange et SFR, aux poches plus profondes que celles de Free et Bouygues Telecom, ne remportent beaucoup plus de fréquences que leurs rivaux, et soient in fine en mesure de proposer un bien meilleur service 5G. Il n'a, visiblement, pas été entendu. Dans un entretien aux Échos, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, maintient que l'État n'a pas mis le curseur trop haut. Ce prix plancher est « raisonnable. Nous ne maximisons pas le montant des enchères », a-t-elle jugé.