C'est un signal d'alerte. Dans une étude récente, le cabinet Terabit Consulting s'est livré à un intéressant exercice de projection. Ses analystes ont évalué le niveau des échanges de données entre le continent américain - c'est à dire essentiellement les Etats-Unis - et l'Europe dans les années à venir. Le résultat est pour le moins surprenant. En 2030, la demande en bande passante se situera à 13,1 pétabits par seconde. Le problème, c'est que les câbles sous-marins transatlantiques dédiés aux télécommunications ne pourront, à cette date, absorber que 4,7 pétabits par seconde. En clair, si aucun nouveau projet d'infrastructures ne voit le jour d'ici là, il manquera une capacité de 8,4 pétabits par seconde pour faire transiter correctement les données entre les deux continents. C'est tout simplement énorme.
(Crédits: Terabit Consulting)
Cette conclusion va à l'encontre de certaines idées reçues. On aurait pu croire que la multiplication des câbles sous-marins entre les Etats-Unis et l'Europe ces dernières années allait régler une bonne fois pour toute les problèmes de capacité. Il n'en est rien. L'essor continu des échanges de données entre le pays de l'Oncle Sam et le Vieux Continent se poursuit à toute vitesse. L'Europe, souvent qualifiée de « colonie numérique » des Etats-Unis, reste biberonnée aux services des Google, Facebook, Amazon ou Apple. On comprend mieux, avec l'étude de Terabit, pourquoi les Gafa ont tant investi dans des méga-câbles en fibre optique pour relier leurs data centers des deux côtés de l'Atlantique...