L’opérateur historique a inauguré, la semaine dernière, un laboratoire dédié à l’Open RAN. Cette technologie promet d’ouvrir le marché des infrastructures de réseau mobile à de nouveaux acteurs, au-delà des géants en place, le suédois Ericsson et le finlandais Nokia.Orange se convertit à l'Open RAN (Radio Access Networks). La semaine dernière, l'opérateur historique a inauguré dans son grand centre de Châtillon, au sud-ouest de Paris, un laboratoire dédié à cette technologie au nom barbare, qui promet de révolutionner le marché des infrastructures de réseau mobile. Aujourd'hui, celles-ci sont constituées de différents matériels et logiciels, lesquels fonctionnent en système propriétaire fermé. Pour déployer un réseau mobile 4G ou 5G, les opérateurs n'ont, en clair, d'autre choix que de passer par les solutions complètes d'une poignée de grands équipementiers, comme celles du suédois Ericsson, du finlandais Nokia ou du chinois Huawei.
Impossible, dans l'écosystème actuel, pour un autre fournisseur présent sur une partie de la chaîne matérielle ou logicielle, de faire son nid sur le marché. C'est précisément ce verrou que l'Open RAN veut faire sauter. Son objectif : harmoniser les normes et standards des infrastructures de réseau mobile pour ouvrir le marché, en commençant par celui de la 5G, à une pluralité d'acteurs. Pour Orange, cette solution présente d'importants bénéfices. L'opérateur y voit un moyen d'« améliorer la qualité de service et l'exploitation des réseaux, d'en réduire les coûts de déploiement et de fonctionnement, de les rendre plus flexibles en cas d'évolution, et de les ajuster aux besoins des clients finaux ».
« Un duopole, ce n'est jamais bon »
Pour Orange, l'Open RAN constitue clairement un moyen de réinjecter de la concurrence sur le marché des équipements télécoms, et donc d'en réduire les coûts. L'opérateur juge la situation actuelle problématique. Avec l'interdiction de Huawei en France, il en est réduit à se fournir chez Ericsson ou chez Nokia. « Or un duopole, en concurrence, ce n'est jamais bon, constate Michaël Trabbia, le directeur de la technologie et de l'innovation d'Orange. Nous devons retrouver un niveau de concurrence qui nous permette d'avoir des prix compétitifs. » Orange ne veut pas perdre de temps : il compte déployer des équipements Open RAN dans les zones rurales et à l'intérieur des bâtiments dès 2022-2023. Dès 2025, il espère recourir uniquement à cette technologie pour tous ses nouveaux sites mobiles.