Orange, SFR, Free : les champions français des télécoms à la conquête de l’Europe
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Une antenne de téléphonie mobile à Vertou, près de Nantes.
Reuters
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Une antenne de téléphonie mobile à Vertou, près de Nantes.
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Le 10 janvier 2012 est une date marquante pour l'industrie française des télécoms. Ce jour-là, Xavier Niel et son opérateur Free se lancent sur le marché du mobile. Pour faire son nid sur ce segment stratégique, le « trublion des télécoms » casse les prix et propose des forfaits sans engagement. Pour le secteur, c'est une révolution, un véritable séisme. En face, Orange, SFR et Bouygues Telecom tremblent. A raison. Xavier Niel met un terme à l'oligopole qui caractérisait le marché. Il vient surtout de sonner le début d'une compétition féroce, marquée par une impitoyable guerre des prix. Beaucoup envisageaient alors le pire pour cette industrie si critique et stratégique pour la numérisation du pays, et donc son économie.
Dans la presse, les critiques, ou plutôt les cris d'orfraie, fusent. Dans une tribune au vitriol publiée dans le journal Le Monde, Thierry Breton, alors PDG d'Atos et qui fût président du conseil d'administration de France télécom (Orange) entre 2002 et 2005, tire la sonnette d'alarme. L'« irruption » de Free, avec la bénédiction de l'Etat, constitue à ses yeux une hérésie. « Notre industrie des télécoms brûle et nous regardons ailleurs », écrit l'actuel commissaire européen au Marché intérieur, le 22 juin 2012. A ses yeux, l'arrivée du groupe de Xavier Niel va déboucher sur « une spirale destructrice » marquée par des plans sociaux, « l'affaiblissement de la valeur et de la profitabilité des opérateurs ». De quoi les « vulnérabiliser dans la consolidation mondiale en cours », tout en amputant « leur capacité d'endettement et d'investissement » au moment de déployer la fibre et la 4G.
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Aujourd'hui, qu'en est-il ? Le tsunami Free est passé. Sur le plan social, le secteur a perdu des milliers de postes, d'abord chez Bouygues Telecom puis chez SFR. On a longtemps dit, chez les opérateurs, qu'un marché à quatre relevait de l'utopie. Ces dernières années, il est vrai que Bouygues Telecom, SFR, et enfin Free se sont successivement échangés l'étiquette d'« homme malade » du secteur. On ne compte plus, dans ce contexte, les tentatives de consolidation, toutes avortées.