La communication de Free sur sa 5G met Orange en pétard. L'opérateur historique est très remonté sur la manière dont son rival vante son réseau. Dans ses différentes campagnes, Free indique disposer du « plus grand réseau 5G de France », affirmant notamment être l'opérateur qui possède le plus d'antennes dédiées à cette technologie. Ce qui est vrai. Mais Orange considère cette communication trompeuse, et a assigné, en février 2021, son concurrent au tribunal de commerce de Paris.
Aux yeux de l'opérateur historique, la communication de Free se doit d'être plus précise sur sa qualité de service et les performances de son réseau. Dans sa brochure tarifaire, l'opérateur de Xavier Niel affirme que le « débit maximum théorique en réception » de sa 5G s'élève « jusqu'à trois fois les débits de la 4G de Free ». Idem pour son « débit maximum théorique en émission », qui va « jusqu'à 1,7 fois les débits de la 4G de Free ». Or cette manière de présenter les choses apparaît inacceptable aux yeux d'Orange. Ce dernier souhaite que son concurrent fasse apparaître les débits maximums en 5G en fonction des différentes bandes de fréquences qu'il utilise.
Pourquoi ? Le sujet est technique, et le diable est dans les détails. Pour proposer la 5G à leurs clients, les opérateurs télécoms sont libres de choisir plusieurs bandes de fréquences selon leur stratégie de déploiement. Il y a d'abord les fréquences dites « hautes », dans la bande des 3,5 GHz. Celles-ci ont été attribuées spécifiquement pour la 5G. Elles ont l'avantage d'offrir de très gros débits, mais disposent d'une portée limitée. A contrario, il y a les fréquences 700 MHz, dites « basses », qui ont une portée très étendue, mais offrent des débits bien moins importants. Entre les deux, il y a des fréquences « moyennes », dans la bande des 2.100 MHz, dont les performances se situent entre les bandes 3,5 GHz et 700 MHz.