SFR : ce brusque changement de stratégie qui justifie le plan social
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Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice, la maison-mère de SFR.
Reuters
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Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice, la maison-mère de SFR.
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Certains plans sociaux sont plus difficiles à justifier que d'autres. Dans le cas de SFR, l'exercice s'avère délicat. Malgré la crise du coronavirus, l'opérateur, à l'instar de ses rivaux des télécoms, s'est jusqu'à présent montré très « résilient », selon les mots de Patrick Drahi, son propriétaire. Cela n'a pas empêché la direction d'annoncer la semaine dernière un plan de suppressions de 1.700 postes, soit près d'un salarié sur cinq.
L'annonce a constitué un coup de massue pour les salariés et les syndicats. SFR veut se séparer, pour l'heure « sur la base du volontariat », de 400 employés dans ses boutiques, et de 1.300 collaborateurs dans les autres branches du groupe. C'est la seconde fois que l'opérateur taille dans ses effectifs depuis son rachat par Patrick Drahi en 2014. En 2017, pas moins de 5.000 salariés ont été poussés vers la sortie, soit un tiers des troupes.
Ce nouveau plan social a pourtant de quoi surprendre. En quelques mois, le groupe a bouleversé sa stratégie. D'après différents documents auxquels La Tribune a eu accès, la direction a opéré à un brusque changement de braquet lui permettant de justifier ses coupes d'effectifs. Explications : le 25 juin dernier, l'état-major de SFR lève le voile sur ses « orientations stratégiques » pour les trois prochaines années. Le document de 125 pages est transmis aux syndicats pour consultation via le comité social et économique (CSE) central du groupe. Rien, alors, ne laisse présager de futures suppressions de postes. « Les orientations stratégiques de l'UES [unité économique et sociale, Ndlr] SFR s'inscrivent dans la continuité de celles définies en 2018 », lit-on.
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Lors d'une réunion du CSE central, le 15 octobre, les syndicats posent différentes questions, comme c'est l'usage, à la direction sur des sujets sociaux et industriels. Dans une lettre, ils soulignent avoir « bien compris l'engagement de la direction générale » : « l'emploi interne au sein de l'UES SFR est attendu stable pour les trois prochaines années, donc sans baisse d'effectifs prévue à aucun niveau de l'organisation. » En outre, les résultats du troisième trimestre 2020 de l'opérateur ont de quoi rassurer les salariés. Pendant cette période, pourtant marquée par la Covid-19, SFR a vu ses revenus progresser de 4% à 2,75 milliards d'euros, grâce à ses recrutements d'abonnés fibre et mobile. Quelques mois plus tard, le 18 février, les dirigeants de l'opérateur répondent aux syndicats. Dans cette lettre, ils estiment alors que la situation a changé, et qu'il convient de réviser les orientations stratégiques: