LA TRIBUNE - Comment se porte SFR dans ce contexte de crise sanitaire et économique ?
GREGORY RABUEL - SFR se porte aussi bien que possible dans une situation difficile et inédite. Notre activité est certes plus résiliente que d'autres. Plusieurs signaux de baisse d'activité et de chiffre d'affaires sont néanmoins inquiétants. Nos 650 magasins sont restés ouverts puisque les télécoms sont considérées comme une activité essentielle. Mais nous mobilisons ainsi des milliers de collaborateurs alors que, confinement oblige, les flux dans les magasins sont extrêmement faibles. Il en va de même pour les performances commerciales. Notre chiffre d'affaires lié au roaming (frais d'itinérance, Ndlr) est au point mort depuis le mois de mars puisqu'il n'y a plus de touristes. Nous avons aussi un enjeu très important de déploiement de la fibre optique, que nous devons maintenir dans le cadre de ce deuxième confinement. Pour le moment, cela se passe bien et nous espérons que ça va continuer. C'est une période difficile. A part les boutiques et le personnel essentiel à la maintenance du réseau, tout le monde est en télétravail. Notre priorité est de fournir une bonne qualité de service aux Français, de maintenir le réseau en état de marche. Nous observons depuis quelques jours un pic d'utilisation d'Internet, de la data mobile, et nous devons être au rendez-vous.
Cette crise pourrait-elle déboucher sur une restructuration et des réductions d'effectifs ?
Nous sommes en train d'analyser la situation. Nous essayons déjà de tirer les enseignements du premier confinement concernant différents sujets, comme la façon de travailler. Chez SFR, il y avait déjà un jour de télétravail par semaine pour les collaborateurs. Le fait que tout le monde travaille désormais à distance nous fait réfléchir sur notre organisation. Avec ce deuxième confinement, nous sommes très attentifs à l'évolution de la situation. Ce qui nous inquiète aussi, c'est que nous ignorons ce qui va se passer en 2021... La situation demeure très incertaine même si un vaccin pourrait arriver dans les prochains mois.