L’opérateur historique a présenté ce lundi les modalités selon lesquelles il compte fermer son vieux réseau cuivre, encore utilisé pour le téléphone et l’ADSL, d’ici 2030. Il espère, en parallèle, une augmentation du prix du dégroupage payé par ses rivaux SFR, Bouygues Telecom et Free lorsqu'ils utilisent cette infrastructure.C'est un chantier pharaonique qui débute pour Orange. La semaine dernière, l'opérateur historique a présenté à l'Arcep, le régulateur des télécoms, son plan de fermeture du réseau cuivre. Le gendarme du secteur l'a mis ce lundi en consultation publique. Tous les acteurs de filière - et notamment les autres opérateurs comme SFR, Bouygues Telecom et Free - ont désormais jusqu'au 4 avril prochain pour indiquer à l'Arcep ce qu'ils en pensent. Leurs avis permettront, ensuite, au régulateur de valider, ou de modifier, ses modalités.
Ce chantier de « décommissionnement du cuivre » va occuper Orange jusqu'en 2030. La tâche est essentielle, difficile et coûteuse. D'un côté, il est impératif de fermer ce réseau historique, qui a permis d'apporter le téléphone à tous les Français, avant d'être modernisé pour généraliser l'accès à Internet via l'ADSL. Aujourd'hui, le réseau d'avenir, c'est la fibre. Près de 70% des foyers y sont éligibles. D'ici 2025, l'immense majorité des Français aura accès à cette technologie. Dans ce contexte, Orange et tous ses rivaux en conviennent : conserver et entretenir durablement deux réseaux Internet fixes serait une aberration économique.
21,5 millions d'abonnés sur le réseau cuivre
D'un autre côté, de nombreux Français continuent d'utiliser le réseau cuivre. A la fin du troisième trimestre 2021, l'Arcep décomptait 21,5 millions d'abonnés à l'ADSL et au téléphone. Beaucoup de foyers, qui ne sont pas encore éligible à la fibre, dépendent de cette technologie. Tout l'enjeu, pour Orange, est d'organiser la fermeture de ce réseau. Mais en douceur et de manière progressive. De manière à ne pas s'en attirer les foudres des usagers. Bref, « il ne s'agit pas d'un abandon du cuivre », a insisté Fabienne Dulac, la patronne d'Orange France, lors d'une conférence de presse téléphonique ce lundi.
Ce plan se déroulera en deux parties. Jusqu'en 2025, Orange prévoit « une période de transition » pour « préparer la fermeture du réseau ». Concrètement, l'opérateur va mener plusieurs expérimentations dans différentes communes. L'objectif est de former ses équipes à la meilleure de procéder, en lien avec les élus et les autres opérateurs, pour procéder à l'arrêt du réseau. Comment communiquer efficacement pour que tous les habitants soient au courant ? Comment procéder avec ceux qui n'ont pas accès à la fibre et qu'il faudra bien migrer vers des technologies alternatives, comme la 4G fixe ou le satellite ? Que faire avec ceux qui veulent à tout prix garder l'ADSL, ou se fichent de la fibre, surtout si l'abonnement s'avère plus cher ? Voilà les défis auxquels est confronté l'opérateur historique.