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Technos & MediasTélécoms

Télécoms professionnelles : Kosc bientôt tiré d’affaire ?

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 27 janvier 2020 à 11:37 - Mis à jour le 27 janvier 2020 à 13:12

Yann de Prince, le dirigeant et fondateur de Kosc.

Yann de Prince, le dirigeant et fondateur de Kosc.

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Selon le quotidien Les Echos, l’opérateur spécialisé dans les offres Internet pour les entreprises a proposé un plan de continuation de son activité. Il est épaulé par Altitude Infrastructure, un acteur de la fibre dans les campagnes, prêt à investir 100 millions d’euros dans la société.

Kosc entrevoit, semble-t-il, le bout du tunnel. D'après le quotidien Les Echos, l'opérateur spécialisé dans les télécoms d'entreprises doit proposer, ce lundi, un plan de continuation d'activité à l'administrateur judiciaire. Celui-ci est soutenu par Altitude Infrastructure, un important acteur de la fibre dans les campagnes. « Nous nous proposons de maintenir l'activité et les services rendus aux clients, affirme Yann de Prince, le chef de file et fondateur de Kosc, aux Echos. Nous nous adossons à Altitude, un groupe familial extrêmement expérimenté, habitué à fournir des prestations de 'wholesale only'. Et nous payons les passifs de l'entreprise. C'est de loin la meilleure solution. »

La poursuite de ce modèle wholesale only est chère aux yeux de Kosc. Celui-ci consiste à n'être présent que sur le marché de gros, en vendant de la connectivité aux petits opérateurs pour les entreprises, lesquels la commercialise, ensuite, au détail via leurs offres Internet. Ce modèle est considéré comme un atout pour développer la concurrence sur le marché des télécoms professionnelles. Dans ce schéma, Kosc n'est jamais concurrent des opérateurs de détail.

« Retour à l'équilibre opérationnel en 2022 »

Altitude est surtout prêt investir 100 millions d'euros sur cinq ans dans Kosc pour accélérer la conquête de clients. David El Fassy, le président d'Altitude Infrastructure, promet « un retour à l'équilibre opérationnel en 2022 », indique-t-il aux Echos. Il reviendra à l'administrateur judiciaire de valider - ou pas - cette solution.

Celle-ci est perçue par Kosc comme un moyen privilégié de se relancer. L'an dernier, le groupe a frôlé la catastrophe. Miné par un conflit avec SFR (à qui il a racheté son réseau en 2014), le groupe a essuyé de très grosses difficultés financières. Il a finalement obtenu son placement en redressement judiciaire au mois de décembre, après que ses actionnaires historiques aient accepté de remettre 4 millions d'euros dans la société, le temps de trouver un repreneur ou de nouveaux investisseurs.

  • Lire aussi : Télécoms d'entreprise : comment Kosc s'est retrouvé dos au mur
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Les déboires de Kosc ont suscité l'émoi de la sphère politique. Les difficultés de l'opérateur ont jeté une lumière crue sur l'absence de concurrence dans le marché des télécoms professionnelles - aujourd'hui largement dominé par Orange et dans une moindre mesure par SFR - laquelle maintient, depuis des années, les prix des abonnements Internet aux entreprises à des niveaux élevés. Et le plus souvent inabordables pour les TPE et les PME, qui peinent à se digitaliser.

« Le retard pris par la France en matière de numérisation de ses entreprises, qui se caractérise notamment par un mauvais classement dans ce domaine au sein du Digital Scoreboard Index (DESI), établi par la Commission européenne, démontre la nécessité de faire du marché 'entreprises' une véritable priorité des pouvoirs publics », écrivent ainsi les députés Laure de la Raudière (Agir) et Eric Bothorel (LREM), dans un rapport sur la couverture numérique du territoire publié la semaine dernière. Les parlementaires « invitent » donc l'Arcep, le régulateur des télécoms, « à réaffirmer » que la régulation du marché des télécoms professionnelles « sera l'une de ses priorités » ces prochaines années.

Un marché « dont la dynamique reste encore fragile »

En outre, ils soutiennent que le modèle wholesale only de Kosc a fait ses preuves, et « apparaît le plus opportun, à court terme, pour dynamiser le marché 'entreprises' ». « Cet acteur, qui dispose en effet de près de 65.000 clients à l'heure actuelle, fait peser une pression concurrentielle sur les deux opérateurs dominants du marché de gros que sont Orange et SFR, insistent Laure de la Raudière et Eric Bothorel. Le modèle 'wholesale only' doit donc être priorisé par les acteurs de la régulation dans ce cadre. » Des recommandations qui se situent en ligne avec la stratégie de l'Arcep. En décembre dernier, Sébastien Soriano, le président de l'institution, a exprimé sa « préférence » pour « la continuité de l'activité 'wholesale only' » de Kosc.

  • Lire aussi : « Kosc a fait son trou, son activité devrait continuer (Sébastien Soriano, Arcep)

À lire également

  • "Kosc a fait son trou, son activité devrait continuer" (Sébastien Soriano, Arcep)
  • Télécoms d’entreprise : comment Kosc s’est retrouvé dos au mur
  • Fibre pour les entreprises : Kosc s’attaque aux grandes villes

En parallèle, l'Autorité de la concurrence a décidé d'ouvrir, la semaine dernière, une enquête sur le marché des télécoms pour les entreprises. Cette initiative se situe dans le sillage du rejet d'une saisine de l'Association des opérateurs télécoms alternatifs (AOTA) contre les pratiques d'Orange sur ce marché. L'autorité dirigée par Isabelle de Silva veut « s'assurer de l'absence de pratiques de nature à fausser le jeu de la concurrence » sur un marché B2B « dont la dynamique reste encore fragile ».

Pierre Manière

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