Accord CGPME/Medef pour la CCI de Lyon : « La hache de guerre prête à être déterrée »
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Comment exister face à cette puissante CGPME, dont la convivialité, le réseau, la dynamique, le charismatique président, sont aux yeux des 3000 adhérents revendiqués plus essentiels que les assertions « poujadistes, populistes, clientélistes » ou le professionnalisme contesté des services et des mandataires ? Voilà l'équation que Bertrand Millet aimerait bien résoudre. Une équation d'autant plus compliquée que les deux organisations traquent le même public des PME et sont aujourd'hui ligotées par un pacte tacite de non-agression établi lors de l'élection consulaire. L'accord entre la CGPME et le Medef Lyon-Rhône pour la CCI de Lyon demeure salué. Principalement parce qu'il évite une guerre fratricide à laquelle la CCI stéphanoise n'a pas échappé et dont même le « business » aurait pu pâtir : « Vous imaginez le risque de mesures de rétorsion sur nous, sous-traitants de grandes entreprises dont certaines sont des leaders du Medef ? » interroge Jean-Jacques Charmes, secrétaire adjoint (CGPME) de la CCI et directeur général délégué de Sunkiss. « Cette union sacrée était capitale, y compris pour sauver une Chambre que l'année pré-électorale avait failli tuer » claque Jean-Paul Mauduy, dont la « reprise en main » de l'établissement est plébiscitée : « C'est une métamorphose » souligne t'on parmi le personnel consulaire. Néanmoins, cinq mois après sa conclusion, l'accord ne fait pas l'unanimité au sein du Medef. Pas plus d'ailleurs à la CGPME, dont le président François Turcas, longtemps engagé avec virulence à lancer la joute, doit désormais justifier la volte-face. Robert Paris, président du Medef Lyon-Rhône, « n'est pas emballé », Gilles Maurer, président de Syntec Rhône-Alpes, évoque un accord « tordu, stérile », et déplore comme beaucoup que le Medef ne soit pas allé « au combat ». L'écart, important, entre les confessions « off » et les discours officiels, policés, l'atteste : artificiellement créé, maintenu par un intérêt de circonstance et par la personnalité - appréciée au sein de la CGPME - de Jean-Paul Mauduy, l'accord demeure friable. « La hache de guerre apparaît enfouie. En réalité, le manche dépasse. A la moindre étincelle, elle sera déterrée » résume Gilles Maurer. Et les occasions ne manqueront pas : gestion des rapports de force, de la parité des postes, et de la frustration des membres opposés au mariage, passation de pouvoir au CGPMiste Guy Mathiolon en 2007, lobbying politiques à l'approche des élections municipales... A ce propos, Bertrand Millet, selon plusieurs témoins proches de Charles Million - il refuse l'étiquette mais se félicite que l'un de ses fils ait participé au dernier scrutin municipal sur la liste milloniste Amaury Nardone - ressuscitera t-il le dogmatisme politique au risque, le redoute l'un de ses « supporters », de mettre en péril l'œcuménisme politique en instance départementale ?
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