Bertrand Millet: faute de mieux pour le Medef Lyon-Rhône

Denis Lafay
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Le 4 avril, le Medef Lyon-Rhône désignera son président. Sans surprise - il est seul candidat à sa succession -, Bertrand Millet devrait être reconduit pour un second et dernier mandat der trois ans. Bilan de sa première présidence ? A son image, policée : sans faute ni relief particuliers. « Bon défenseur de ces adhérents, bon gestionnaire, il fait fonctionner le mouvement normalement...il fait ce qu'il faut », résume Robert Paris, président du Medef Rhône-Alpes. Les premiers arguments sont par défaut : « Il a été élu démocratiquement. Je n'entends pas de critiques si éreintantes. Il est un bon président car il n'a pas été dénoncé par les siens. Et il se bat convenablement pour défendre les entreprises », explique Jean-Paul Mauduy, président de la CCI de Lyon. Ce premier mandat fait essentiellement valoir la conclusion de l'accord avec la CGPME pour une liste commune aux élections de la CCI d'octobre 2004 ? Autant par pragmatisme - l'une des qualités caractéristiques de l'ingénieur Millet - que par peur de perdre ou de simplement engager le combat, le président du Medef Lyon-Rhône fut l'artisan principal de cette alliance « rivale » François Turcas. Un François Turcas qui, mariage oblige, ne cesse aujourd'hui de vanter les mérites de son allié - jusqu'à faire découvrir son vin du jura au millier de patrons invité aux vœux de la CGPME - mais qui, en coulisses, ne cache pas son contentement : Bertrand Millet ne contrariera pas son charisme et son leadership auprès des dirigeants de PME...
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« Avec lui, nous pouvons avancer », fait remarquer Pierre-Alain Muet, vice-président du Grand Lyon en charge du pôle économique. Homme de consensus, Bertrand Millet en avait déjà fait la preuve lorsqu'à la tête du GIPRA (syndicat rhônalpin de la plasturgie) il avait orchestré sa fusion avec un autre mouvement professionnel, basé à Oyonnax. Pour autant, est-il l'homme de la situation ? Retraité à 52 ans après avoir vendu sa société Bailly-Comte en 1999 à l'américain ITW, il s'est, depuis, reconverti dans la gestion d'un petit domaine viticole du Jura (cinq hectares et un salarié) acquis « environ 400 000 € » et, également via sa société Sofima, participe au fond d'investissements Evolem 2 - il est l'un des trois membres de son comité d'investissement, et la dirigeante Vanessa Rousset plébiscite ses « compétences » et sa « disponibilité » - et à des prises de participations « très minoritaires ». Son parcours d'entrepreneur, son profil, sa personnalité incarnent-ils les aspirations des chefs d'entreprise Lyonnais ? Dans les milieux patronaux, c'est la moue. D'aucuns soulignent une trajectoire « dorée » et déphasée avec les préoccupations quotidiennes des patrons - « l'échec d'une ou plusieurs récoltes ne devrait pas mettre en péril son patrimoine... ce confort personnel lui permet difficilement de comprendre les problématiques des patrons de PME », affirme François Turcas - . Son activité professionnelle relève « davantage du divertissement, et de la nécessité d'être en conformité avec le Medef ».Sa personnalité est jugée certes « cordiale, bien élevée, accorte » mais aussi « distante, hautaine, et cassante », et naturellement assimilée à l'image « monarchique et inaccessible » du baron Ernest-Antoine Seillière. Dont il se distingue, entre autre, par l'absence de « doigté » politique. Auto-description de Bertrand Millet : « je suis déterminé, je n'aime pas les gens tièdes et je n'aime pas perdre. Mes défauts ? Ce sont ceux de mes qualités. Je suis passionné, donc excessif et parfois je peux ne pas être suffisamment tolérant ». Enfin, sa « suffisance » et sa rectitude semblent a priori peu adaptées au style des patrons de PME qui constituent la grande majorité des adhérents directs et indirects (85% des entreprises membres du Medef Lyon-Rhône ont moins de 50 salariés)...Le président du Medef Rhône-Alpes le qualifie même de « psychorigide », et juge « préjudiciable » la qualité « contestable » de ses relations humaines.
Denis Lafay
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