Attentat en Isère : reprise partielle du travail chez Air Products
Marie Lyan
Marie Lyan
Il s'agissait d'un lundi matin pas comme les autres pour Air Produts. Après l'attentat commis vendredi matin dans l'enceinte de l'usine, le président Europe d'Air Products a fait le déplacement de Bruxelles dans la matinée pour rencontrer les 87 salariés du groupe présents à Saint-Quentin Fallavier. Il a tenu à remercier les services de secours et de police, mais aussi les salariés qui ont, grâce à une solidarité qui s'est mise en place avec les cinq autres centres emplisseurs du groupe, permis d'assurer une continuité de la production en France.
Selon lui, l'entreprise, implantée depuis 30 ans dans la zone industrielle de Saint Quentin Fallavier, n'avait pas reçu de menaces particulières avant cet attentat.
Près de 48 h après avoir été bouclé par les enquêteurs, le groupe a repris possession samedi soir de la totalité du site et se trouve désormais dans une phase d'évaluation des dégâts. Ces derniers se révèleraient importants, notamment sur le site de conditionnement, où une partie de l'entrepôt aurait été soufflée par la détonation.
Alors qu'une cellule d'aide psychologique a été mise en place "pour tous les salariés qui le souhaitent", la direction affirme que la reprise se fera doucement. "Nous ne pouvons pas sous-estimer les difficultés émotionnelles de tous ceux qui ont été témoins de cette attaque. Il faut être prudent et ne rien précipiter", a déclaré Ivo Bols. Une cellule psychologique sera chargée de faire le suivi des salariés dans les jours qui viennent. "Nous leur demanderons ensuite individuellement s'ils sont prêts ou non à reprendre le travail", ajoute M. Bols.
Quant à savoir si l'on est passé non loin d'un scénario catastrophe à l'échelle du quartier, le président se montre prudent : "Il (le terroriste, ndlr) a ouvert quelques cylindres, mais les produits que nous avons sur le site sont utilisés pour la plupart dans l'industrie de la fabrication et de la construction. Je ne veux pas minimiser l'impact de ses actes, mais je ne veux pas dramatiser ni spéculer non plus", a-t-il affirmé, se rangeant derrière l'enquête en cours.
Un renforcement des mesures de sécurité a également été annoncé, dont le détail reste confidentiel.
Il précise que si le site était doté d'une procédure de contrôle à l'entrée, ainsi que d'un agent de sécurité qui visionnait les images des caméras en temps réel, Air Products ne faisait pas de "tracking" des individus entrant sur son site.
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Bien que le groupe ne compte aucun blessé parmi ses salariés, le travail de reconstruction s'annonce long. Une grande partie des employés se sont retrouvés dans les locaux de l'entreprise dès ce lundi matin "pour être ensemble", même si certains, trop choqués, n'ont pas encore pu revenir sur place.
D'après une source proche de la direction, plusieurs salariés ont pu apercevoir quelques scènes de l'attaque, dont ils sont encore incapables de parler pour l'instant :
Mounir, l'un des salariés, est encore sous le choc : "C'est un acte très violent, très moche à vivre. Ce sont des choses qu'on ne souhaite à personne", commence-t-il, sans jamais pouvoir nommer l'événement. Il poursuit :
Ce n'est que lorsqu'il a vu les camions de pompiers et les voitures de gendarmerie débouler en grand nombre, qu'il a compris qu'il se passait quelque chose. "Tout va très vite dans ces moments-là".
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Quant au terroriste présumé, Yassin Salhi, Mounir le croisait très régulièrement : "Son comportement était celui de quelqu'un que l'on voit tous les jours...", affirme-t-il, avant de mettre un terme à l'interview, de manière précipitée, visiblement troublé.
Pour le directeur du site, "il n'y avait jamais eu de problème particulier avec lui. Il était enregistré comme un livreur habituel, et possédait un badge d'accès".
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