Le Léman, une plateforme pour l'économie locale
Didier Bert
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« Sous utilisé, le calme règne sur le lac ! », s'exclame Claude Haegi, président de la Fondation européenne pour le développement durable des régions (Fedre). L'ancien maire de la ville de Genève croit que le lac recèle un potentiel économique inexploré, qui pourrait transformer cette frontière naturelle en trait d'union entre la Suisse et la France.
« Sur le Léman rien de cela, à l'exception des bateaux transportant quotidiennement des travailleurs frontaliers entre Thonon-les-Bains, Évian et Lausanne, ou des touristes en belle saison », dénonce-t-il.
D'un point de vue économique, il reste avant tout une carte postale, un belvédère prisé des touristes. L'arc lémanique, côté suisse, réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de trois milliards d'euros avec le tourisme. Et les établissements d'hébergement touristiques du Pays du Léman, sur la rive française, ont enregistré 3,3 millions de nuitées sur l'ensemble de l'année 2014.
Les eaux du Léman sont aussi une ressource économique précieuse pour l'ensemble de ses riverains : le lac approvisionne plus de 600 000 personnes en eau potable, grâce à ses 11 stations de pompage. La ville de Genève, pour ne citer qu'elle, tire 80 % de son eau potable. Des activités du passé, seule la pêche est demeurée un pôle économique actif sur le lac.
Le Léman compte encore 132 pêcheurs professionnels - dont 54 côté français -, un nombre relativement stable au fil des années, semblable aux effectifs d'un port comme Douarnenez en Bretagne. Cette stabilité masque un rajeunissement marqué : depuis 2005, la moyenne d'âge des pêcheurs professionnels français a chuté, passant de 50 à 40 ans.
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Ceci s'explique par les départs à la retraite compensés chaque année par l'arrivée de jeunes pêcheurs, formés au lycée agricole de Poisy, un des deux établissements de la région Rhône-Alpes qui proposent une formation en aquaculture. Le diplôme est obligatoire pour exercer à titre professionnel.
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