Climat : les pépiniéristes, grands gagnants du réchauffement ?
Pierre-Alexandre Bevand

Incity
Laurent Cérino/Acteurs de l'économie
Pierre-Alexandre Bevand

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Laurent Cérino/Acteurs de l'économie
Si rien n'est fait, d'ici 2100, Lyon connaîtra un climat similaire à celui d'Alger aujourd'hui. Le réchauffement climatique pourrait encore gagner 4 à 5 °C, souligne la Métropole de Lyon qui organisait jeudi sa 4e conférence énergie-climat. Le phénomène est légitimement préoccupant, mais les pépiniéristes, eux, n'y voient pas que des inconvénients.
Avec la hausse annoncée des températures, ce secteur d'activité pourrait connaître un regain d'activité dans les prochaines années. "Pour nous, l'impact est positif", explique Bruno Imbert, président-directeur des Pépinières Imbert, entreprise familiale créée en 1840 (4 millions d'euros de chiffre d'affaires), et basée à Anse, au nord de Lyon. Avec un climat plus chaud, de nouvelles espèces de végétaux vont faire leur apparition en ville.
Le peuplier et le saule de nos rivières, certains pins et à un degré moindre l'olivier feront donc désormais partie du décor urbain d'ici les dix prochaines années. Et cela, moins pour leur esthétique que pour leurs capacités à être de véritables "médecins de l'environnement capables de capter environ 15 % du CO2", selon Bruno Imbert.
Pour les pépiniéristes, lesquels représentent environ 3 500 emplois en région Rhône-Alpes, cette évolution est donc perçue comme un levier pouvant provoquer un "formidable essor économique".
Le chef d'entreprise ne cache pas son optimisme, ni sa volonté d'embaucher si sa société s'offre une seconde jeunesse. "Ma pépinière compte dix collaborateurs de moins qu'il y a dix ans, note-t-il. Mais là, il devrait y avoir du travail dans les prochaines années. Pour cela, il faut aussi une volonté politique." La Métropole de Lyon étant un grand commanditaire d'arbres (l'agglomération en compte à ce jour 90 000), les pépiniéristes rhônalpins ont sans doute de beaux jours devant eux.
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D'autant que depuis 2012, la Métropole de Lyon a mis en place depuis 2012 un plan climat énergie territorial pour coordonner les actions à entreprendre et anticiper l'évolution du climat avec 83 partenaires publics et privés. "Nous avons passé un 'deal' avec des entreprises privées (Solvay, Eiffage, Spie, Suez, Veolia...)", précise Bruno Charles, vice-président en charge du Développement durable, de la Biodiversité et de la Politique agricole.
En 15 ans, l'agglomération lyonnaise a réduit de 11 % ses émissions, l'objectif fixé est de -20 % d'ici 2020.
Pierre-Alexandre Bevand
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