Lyon-Turin : Chapareillan, l'irréductible village isérois
Didier Bert
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Lyon-Turin
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Sur les contreforts du mont Granier et du massif de la Chartreuse, le château de Bellecombe domine la combe de Savoie et la vallée du Grésivaudan.
Deux vallées, l'une en Savoie, l'autre en Isère, où coule la rivière Isère en direction de Grenoble. Au Moyen Âge, il se disait que posséder le château de Bellecombe, c'était maîtriser le Dauphiné. Dix siècles plus tard, l'adage a un peu évolué. Aujourd'hui, ce n'est plus la possession du territoire qui se joue. Mais peut-être bien plus encore. Puisque la commune de Chapareillan, sur laquelle le château est dressé, pourrait marquer les esprits, quoi qu'il arrive d'ici trois ans.
C'est ici, en effet, que doit sortir dans quelques années le tunnel sous le massif de la Chartreuse destiné à recevoir la liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, un des plus grands chantiers du continent. De là, les futurs trains traverseront la vallée pour s'engouffrer, ensuite, sous le massif de Belledonne en direction de la Maurienne. Et si les événements conduisent le train à ne jamais circuler dans ce secteur, on pourra dire que le sort du Lyon-Turin s'est joué à Chapareillan. Pour l'heure, aux quatre coins de la commune, des panneaux rappellent aux visiteurs l'opposition farouche du village au passage de ce train sur ses terres. Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi...
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Nous sommes au début des années 2000. Le maire de l'époque, Daniel Bosa, se rappelle les premières informations reçues après son élection en 2001. Des représentants de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF) viennent lui parler du tracé prévu dans sa commune. « Je n'avais pas été informé par le canal officiel, à savoir la préfecture de l'Isère », s'étonne encore aujourd'hui l'ancien maire. Il comprendra quelque temps plus tard qu'il demeure toujours le dernier informé, « le préfet coordonnateur du projet étant le préfet de Savoie ». En effet, Chapareillan est la seule commune de l'Isère à être traversée par le Lyon-Turin. Il verra alors, durant son mandat, les journalistes lui téléphoner pour réagir aux avancées du projet sans que lui-même dispose des éléments. « Ils tenaient leurs informations de la Savoie, mais de mon côté je devais attendre que les documents officiels soient traités par la préfecture de l'Isère avant qu'ils me parviennent », se désole-t-il.
Didier Bert