Ce que démontre l'alliance entre l'ENISE et Centrale Lyon
Stéphanie Gallo Triouleyre
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Avec les 1.000 étudiants de l'Enise, la nouvelle Ecole Centrale de Lyon passe le cap des 2.500 étudiants grâce à un nouveau statut jusqu'ici peu utilisé par les écoles d'ingénieurs françaises.
DR
Ce que démontre l'alliance entre l'ENISE et Centrale Lyon
Stratégie. Alors que le projet Idex Lyon/Saint-Etienne a été enterré fin 2020 dans la douleur, Centrale Lyon et l’Ecole nationale d’ingénieurs de Saint-Etienne démontrent que l’union entre les communautés d’enseignement supérieur des deux villes est possible. Depuis le 1er janvier, l’ENISE devient une école interne de Centrale de Lyon, un dispositif encore très peu utilisé par les écoles d'ingénieurs françaises. Sous 10 ans, cette union devrait permettre à la nouvelle entité de doubler ses effectifs.
François Larrouturou, le directeur de l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Saint-Etienne, est clair : "Ce rapprochement n'a rien à voir avec l'IDEX. Il ne s'agit pas d'une fusion mais d'une intégration".
En devenant une école interne de Centrale Lyon, dispositif encore très peu utilisé par les écoles d'ingénieurs françaises, l'ENISE conserve son autonomie budgétaire et pédagogique, son directeur, son campus, etc.
"Nous continuerons à délivrer des diplômes distincts, et nous conservons notre nom", poursuit-il. "En revanche, oui, l'Enise doit faire le deuil de son indépendance puisque nous perdons notre personnalité morale et juridique. Mais ce rapprochement n'est pas subi, il est préparé depuis que l'Etat nous a invités en 2013 à nous trouver un partenaire afin d'accéder aux RCE (Responsabilités et compétences élargies NDLR)".
A l'époque, quatre projets d'union avaient été présentés au conseil d'administration : avec l'université stéphanoise Jean Monnet, avec l'Ecole des Mines de Saint-Etienne, avec l'Ecole des Arts et Métiers de Lyon et avec Centrale Lyon. En raison des liens tissés depuis 20 ans autour de la recherche en tribologie notamment, le projet de Centrale Lyon avait été retenu à l'unanimité.
Préparée de longue date, l'intégration suscite néanmoins l'inquiétude de la CGT ENISE. "L'ENISE ne pourra plus dorénavant être maitre de son destin et de son activité au sein de la région stéphanoise (...). Les frais de scolarité passeront de 601 euros par an à 2500 euros. En outre, les enseignements mutualisés entraineront très probablement de nombreux déplacements d'enseignants et d'étudiants entre Lyon et Saint-Etienne", expliquent ainsi ses représentants.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Pour Frank Debouck, directeur de Centrale Lyon, ces interrogations sont légitimes dans un process de transformation. "Mais", promet-il, "les deux écoles en sortiront gagnantes".
Atteindre une taille critique
Coté Enise, il s'agira, pour ses étudiants comme pour ses enseignants, de profiter notamment de la structuration et de la notoriété de Centrale Lyon.