PERSPECTIVES. Selon le dernier baromètre de l’Apec, publié début février, les intentions de recrutement de cadres au premier trimestre 2021 sont toujours limitées, en raison du contexte sanitaire. La région AuRA sort toutefois son épingle du jeu avec des chiffrés légèrement supérieurs aux prévisions nationales, et mise sur un accompagnement renforcé des jeunes diplômés, qui font partie des premiers publics à subir cette crise.Un sentiment global d'incertitude qui pénalise la relance. Dans l'emploi cadres également, la crise sanitaire a laissé des marques en ce début d'année. Et même s'il est souvent l'un des premiers segments à reprendre habituellement à l'issue d'une crise, comment témoigne l'Apec, force est de constater que la mécanique n'est pas encore totalement réamorcée, face à un climat plutôt attentiste.
« Seulement 10 % des entreprises que nous avons contacté prévoient de recruter au moins un cadre au premier trimestre, alors qu'un an auparavant, cette proportion atteignait 60 % », observe Eric Guillaumot, délégué régional de l'Apec, à la tête de six agences et 90 collaborateurs en Auvergne Rhône-Alpes.
Le coup peut sembler rude pour un secteur qui poursuivait une croissance constante au cours des quatre dernières années.
« Au deuxième trimestre 2020, nous avons observé une chute de 50 % des offres de l'emploi cadres au niveau national, qui sont ainsi passées de 140.000 en 2019 à 70.000 en 2020. Depuis, cela a remonté mais de manière progressive, mais l'on se situe toujours à -20 % par rapport à l'année précédente, au quatrième trimestre 2020 », analyse Eric Guillaumot.
Selon les chiffres de l'Apec, près de 40 % des entreprises auraient ainsi annulé ou reporté un recrutement au cours de l'année dernière tandis que fin décembre, près de la moitié des décideurs (47%) s'affichaient encore dans l'incapacité de prévoir leur propre niveau d'activité sur le premier semestre 2021. La durée de la crise a éprouvé la confiance des entreprises, qui étaient plus nombreuses (60%) à afficher un indice de confiance en septembre dernier, juste avant le second confinement.
Un rôle « d'amortisseur » en AuRA
Cette incertitude, qui caractérise la période actuelle avec le spectre toujours possible d'un troisième reconfinement, a amené l'Apec à décaler de quelques mois son panel annuel des prévisions d'emplois pour l'année à venir, qu'il publie habituellement en février. Reste que dans la région AuRA, « qui est toujours un peu mieux orientée que le contexte national », le nombre d'offres n'a baissé « que » de -25 % sur l'ensemble de l'année, contre -29 % à travers l'Hexagone.