Le vent a déjà commencé à tourner dans les Alpes. Après un début de janvier qui a marqué le retour de la clientèle russe, habituée à venir fêter le Noël orthodoxe en altitude, les stations alpines enregistrent déjà, depuis 2 à 3 jours, des annulations provenant des ressortissants ukrainiens, qui avaient planifié des séjours pour skier dans les Alpes.
D'ailleurs, celui-ci note que le plus grand salon annuel des professionnels de la montagne, Destination Montagnes - Grand Ski, qui s'ouvrira ce lundi à Chambéry, se fera cette année sous le signe des défections lui aussi : les 7 principaux voyagistes russes ont en effet décliné leur venue, de même que les 5 principaux voyagistes ukrainiens.
Bien que la clientèle russe reste loin de figurer dans le top 3 de la clientèle étrangère -alors même que la saison 2021-2022 signe également une forte remontée du tourisme dit "local"-, elle n'est cependant pas neutre pour les stations françaises : ni en volume, ni en valeur. Chaque année, les Russes (ainsi que les Ukrainiens qui étaient jusqu'ici comptabilisés par défaut dans les pays russophones, au sein des principaux bilans touristiques) représentaient jusqu'à 800.000 nuitées annuelles (pour des séjours d'une semaine en moyenne), soit près de 2% des touristes étrangers français... tout en assurant des nuitées "à fort potentiel et pouvoir d'achat", précise Michaël Ruysschaert.
Le poids des dépenses annuelles réalisées par les touristes russes se chiffrerait ainsi entre 800 millions et 1,2 milliard d'euros; le record ayant été obtenu en 2014, dans la foulée des JO de Sotchi. Selon les dernières données remontées à l'Agence Savoie Mont Blanc, ce sont ainsi près de 500.000 Russes qui voyagent habituellement en France, dont 100.000 au sein des deux Savoie.