Dans un contexte tiré par l'urgence climatique, à l'échelle mondiale comme en région, la question de la préservation de l'eau est devenue capitale. Mi-mars, le comité de bassin Rhône-Méditerranée a adopté son nouveau plan directeur 2022-2027, avec un budget de 3,2 milliards pour améliorer la qualité de l'eau de ce bassin (de Belfort à la Méditerranée), mais surtout pour l'économiser. Le tout sur un vaste territoire, où l'industrie et le tourisme sont des secteurs particulièrement présents, et avec lesquels il lui faut donc travailler.Le comité de bassin Rhône-Méditerranée a adopté à la mi-mars son plan de gestion des eaux pour 2022-2027, ou Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).
Une feuille de route qui se chiffre à 3,2 milliards d'euros sur six ans. Ce budget provient en effet des redevances payées par les consommateurs et c'est l'Agence de l'eau qui est ensuite chargée de mettre en place ce SDAGE.
Aussi, quatre collèges composent le comité : les usagers économiques, les collectivités, les usagers non-économiques et les représentants de l'État.
"Le bassin qui subit le plus d'impact et de changements climatiques"
Le périmètre de ce bassin suit le Rhône du territoire de Belfort jusqu'à Nîmes, et couvre la Méditerranée de Nice à Perpignan. "Il représente 20% du territoire national et quinze millions d'habitants", affirme Martial Saddier, président du comité de gestion du bassin et aussi président du conseil départemental de Haute-Savoie. Il fait partie des six grands bassins de France, suivants les six plus grands fleuves.
"La priorité absolue, c'est d'économiser l'eau", tranche Martial Saddier. Le réchauffement climatique et ses conséquences, largement détaillées dans le dernier rapport du GIEC, sont des facteurs à absolument intégrer dans ce SDAGE.
"Il y a un recul des glaciers, une baisse de la pluviométrie dans le sud du bassin et le report de la pluie dans le Nord... Si on veut s'en sortir, il faut économiser de l'eau", poursuit-il.
Car ce bassin aux contours particulièrement larges, puisqu'il va des glaciers à la mer, subit lui aussi une multitude de changements hydriques. "Nous ne sommes plus à nous demander si ça va se réchauffer, le constat est sans appel, dans la vallée alpine, on a déjà enregistré une augmentation de trois degrés. [...] C'est le bassin qui subit le plus d'impacts et de changements climatiques, surtout autour de la Méditerranée, où l'on observe une réduction de la pluviométrie de 15%", avance Martial Saddier.
Dans le Rhône par exemple, le bilan hydrique fait état d'une perte de 128mm d'eau entre les deux dernières périodes trentenaires (1961-1990 et 1991-2020), selon l'ORCAE AuRA (Observatoire régional climat air énergie).