Récolte de la lavande : "Nous avons déjà connu des sécheresses, mais ce n'est plus le seul enjeu"
Zoé Favre d'Anne
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"Aujourd'hui, nous avons besoin d'aide pour passer ce cap difficile. La priorité, c'est de ne plus être noyés sous les réglementations et d'imposer que nous ne puissions pas vendre à perte", alerte Alain Aubanel, président du syndicat national des...
ENTRETIEN. Cette année, la filière lavande en Auvergne Rhône-Alpes a fait face à une sécheresse arrivée bien plus tôt, provoquant des pertes de -20% à -50% selon les secteurs. Un problème qui devient de plus en plus récurrent, mais qui s'ajoute surtout aux autres difficultés que la filière doit déjà affronter. A commencer par la hausse des prix de l'énergie et des emballages, mais aussi à des changements de comportements issus de la crise Covid ainsi qu'à une structure de coûts déséquilibrée, selon Alain Aubanel, président du syndicat des plantes à parfum, aromatiques et médicinales.
La Drôme-Ardèche représente à elle seule entre 900 et 1.000 producteurs de lavande et de lavandin, soit environ la moitié de la production nationale, selon Alain Aubanel, président du syndicat national des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), également président de la filière Drôme-Ardèche. Et face à la sécheresse qui a commencé très tôt et s'est poursuivie avec intensité cette année, Alain Aubanel est a revenu avec La Tribune sur les premières conséquences qui se dessinent à l'échelle de la filière régionale.
La Tribune - La sécheresse a commencé tôt cette année. Quelles conséquences cet épisode, déjà jugé comme inédit, a eu sur les exploitations de lavandes et de lavandin dans la région ?
Alain Aubanel - La sécheresse a en effet commencé tôt, dès le mois d'avril, avec des conséquences diverses. D'abord, cela a provoqué une mortalité accrue sur les plantations de printemps, qui n'ont pas reçu assez d'eau. Ensuite, les récoltes ont eu entre dix et quinze jours d'avance, selon les secteurs. En termes de rendement, les pertes s'échelonnent ainsi entre - 20% et - 50% selon les secteurs, là où les cultures ont vraiment pris le sec et où il n'existe pas de possibilité d'irrigation.
En Ardèche, par exemple, le Haut-Diois est très sec, alors que le secteur Valence-Romans a reçu près de 80 mm de précipitations il y a un mois. Il a fait chaud, il ne pleut pas et il y a un vent que l'on n'avait encore jamais connu, et qui déssèche encore plus les récoltes. Pour autant, jusqu'ici nous avions encore des stocks.
En revanche, s'il ne pleut pas rapidement, il y aura de la mortalité sur les plantations. Car même si la lavande est une plante de montagne, ce n'est pas non plus cactus !
Dans certains secteurs, comme la viticulture par exemple, les agriculteurs travaillent sur de nouvelles méthodes pour pallier les aléas climatiques qui sont amenés à être de plus en plus fréquents et brutaux. Est-ce qu'il y a la même chose chez les producteurs de lavande ?
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