Immobilier de montagne : le fléau des passoires thermiques désormais en première ligne
Marie Lyan
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Les élus de montagne attendent toujours la prise en compte des spécificités de leur immobilier d'altitude hérité des grands développements immobiliers des années 1970, ainsi qu'un plan Avenir Montagne 2 qui soit fléché vers des enjeux de réhabilitation.
@SavoieMontBlanc-Lesueur
DECRYPTAGE. Au coeur d'un hiver placé sous le signe de la sobriété énergétique, le sujet de la rénovation thermique de l'immobilier de montagne, hérité des grands développements immobiliers des années 1960-1970, ne pouvait pas être mis de côté plus longtemps. Dans la foulée d'une déclaration du gouvernement d'Elisabeth Borne, qui évoquait l'idée d'intégrer finalement ces biens au décret sur les passoires thermiques de la Loi Climat, les principales fédérations regroupant les communes de montagne ont...
« Le sujet de la réhabilitation de l'immobilier de loisirs en montagne n'est ni méconnu ni nouveau », martèlent de concert les acteurs de la montagne. Et pourtant, tous reconnaissent que jusqu'ici, le parc hérité des grands développements immobiliers réalisés au coeur des années 1970 était certes engagé, mais pas franchement au rang des priorités.
« Les acteurs de la montagne travaillent depuis près de 20 ans sur ce sujet en lien avec l'Etat. Malheureusement, aucun dispositif efficace n'a pu être mis en œuvre pour le moment malgré plusieurs expérimentations menées notamment par Atout France », relaient les trois principaux acteurs concernés. A savoir l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), mais aussi l'Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM) et l'Association nationale des élus des territoires touristiques (ANETT).
Car en raison de leur âge (les biens de l'immobilier de montagne ont été, pour la plupart, construits dans les années 1970-1980), les dernières études publiées à ce sujet font état d'un constat alarmant : près de la moitié de ces actifs immobiliers seraient en réalité de véritables passoires thermiques (classées entre G et E au sein des diagnostics de performance énergétiques).
« C'est un chiffre colossal puisque la moyenne nationale est plutôt estimée à 16,9% pour l'ensemble du parc locatif », rappelle Pascale Boyer, présidente de l'ANEM et députée des Hautes Alpes.
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Une récente étude la Fnaim, qui passe justement à la loupe le marché de la montagne, souligne à la fois la « très forte part de résidences secondaires » (59% contre 10% dans l'ensemble du parc de logements français), mais aussi de logements énergivores (étiquettes DPE « F » ou « G »), puisqu'ils seraient 38% en montagne contre 21% dans l'ensemble des communes métropolitaines. De quoi lui faire conclure que « l'interdiction de louer en 2034 (étiquettes « E », « F » ou « G ») concernerait même plus des 3/4 des logements de ces communes. »