Entre 1960 et 2055, le Rhône aura perdu un tiers de son débit
Zoé Favre d'Anne
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Photo d'illustration
Karen Latour / ADE
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« Le Rhône est le fleuve le puis puissant de France et le seul grand fleuve encore alimenté par un glacier », affirmait en point presse, Martial Saddier, Président du comité de bassin Rhône-Méditerranée, l'instance qui élabore la politique de gestion de l'eau sur son territoire, de Belfort à la Méditerranée. Malgré cette puissance, le Rhône perd petit à petit en abondance et il n'est pas inépuisable. C'est d'ailleurs l'orientation de l'étude que l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse a présentée vendredi dernier. Cette institution publique répond à la politique du comité de bassin et a pour mission « la reconquête du bon état de l'eau et des milieux aquatiques ».
« Le Rhône est un fleuve abondant, mais dont la répartition est inégale : 40% des bassins-versants sont en déficit. Il y a un équilibre précaire entre la disponibilité et les prélèvements », soulignait Marie-Hélène Gravier, cheffe de service eau et électricité à la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement).
Environ trois milliards de m3 d'eau sont prélevés définitivement du Rhône, soit 5% de son volume en temps normal, mais cela représente 15%, voire 30% de son volume lors des périodes de fortes sécheresses. La moitié est destinée à l'irrigation (48%), puis au transfert hydro-électrique (24%), l'eau potable (16%), à l'industrie (5%) et à la navigation (5%). A ce jour, 2,8 millions de personnes sont alimentées en eau potable par les eaux du Rhône et sa nappe.
Il faut savoir aussi que son débit a déjà diminué de 7% (mesuré à Léman), voire 13% (mesuré en aval, à Beaucaire, en Camargue, en été) depuis 1960.
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L'eau du fleuve Rhône s'est également réchauffée. « Depuis 1970, la température moyenne de l'eau a augmenté de 2,2°C au nord à 4,5°C au sud sous l'effet conjugué de l'élévation de la température de l'air et de l'implantation de centrales nucléaires de production d'énergie », souligne l'Agence de l'eau.
Zoé Favre d'Anne