"C'est un contexte particulier, une année de tous les records, il y a eu la sécheresse des sols, la baisse de la pluviométrie et une hausse de température de 2,5°C. Pour autant, la qualité de l'eau s'améliore. [...] Le système a été tendu, mais n'a pas craqué", contextualise Martial Saddier, président du comité de bassin Rhône-Méditerranée. Ce comité fixe la feuille de route de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, qui vient de présenter son état des eaux du bassin (allant de Belfort à la Méditerranée).
Chaque année, l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse mène en effet près de 5,5 millions d'analyses : il en est ressorti que 48% des masses et cours d'eau du bassin Rhône Méditerranée sont en bon ou très bon état écologique (contre 52% en 2015). Une variation qui s'explique en partie par le changement des règles d'évaluation. Et 85% des nappes souterraines sont en bon état chimique.
Alors que retrouve-t-on dans les eaux du bassin ? 1.037 paramètres sont analysés et plus de 500 substances toxiques ont été détectées, dont plus de la moitié sont des pesticides. Malgré les interdictions de certains d'entre-eux, ils persistent encore dans eaux souterraines, parfois même "à des concentrations supérieures aux normes exigées pour l'alimentation en eau potable".
"Un progrès a été fait sur les macropolluants comme l'azote ou le phosphore, mais il y a une gros sujet sur les micropolluants (médicaments, pesticides)", pointe Laurent Roy. Par exemple, la concentration d'ammonium été diminuée par 20 en trente ans. En 1990, on retrouvait environ 2,4 mg d'ammonium par litre. En 2021, la concentration se rapproche de 0,1 mg par litre.