Niché en plein coeur de la vallée de la Tarentaise (Savoie), à seulement une dizaine de kilomètres de l'ex-site Ferropem devenu Ugi'ring, c'est au tour de l'industriel savoyard Niche Fused Alumina de se trouver dans la tourmente.
Celui qui se positionne comme le dernier fabricant français de corindon blanc, depuis sa création en 1901, fait désormais face à un contexte de marché délicat : entre la hausse des prix de l'énergie, l'accélération de la concurrence chinoise ainsi que la baisse des parts de marché du groupe, aujourd'hui détenu par le fonds de pension américain Dada Holdings, la société Niche Fused Alumina vient d'être placée en redressement judiciaire le 23 avril dernier.
Laissant ainsi ses 180 salariés (principalement des CDI) dans l'expectative : car après de nombreux changements de propriétaires (dont les industriels Péchiney Ugine Kulhman, Alcan, Rio Tinto) ainsi que le refus des autorités européennes d'un rachat par le groupe Imerys enregistré en 2016-2017, c'est désormais l'avenir du site savoyard, fortement implanté sur le bassin local, qui est menacé.
Avec sa production de corindon blanc, l'un des minéraux les plus abrasifs et les plus durs après le diamant, Niche Fused Alumina produisait jusqu'ici pour les différents marchés de l'aérospatiale, de l'automobile, du médical, des réfractaires (céramiques carrelages...), et plus récemment, des parquets laminés. Le tout, à partir d'une alumine électro-fondue provenant principalement de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), et d'un site comprenant sa propre centrale hydroélectrique.