En 2016, l'aéroport de Saint-Etienne avait accueilli 170.000 passagers. Son record, grâce aux compagnies low-cost mais avec à la clé des aides significatives réclamées par ces dernières, et un déficit annuel récurrent de plus de 2,5 millions d'euros, abondé alors par la seule Chambre de Commerce et d'Industrie.
Une situation à laquelle il avait été décidé de mettre fin l'année suivante. Les compagnies low-cost avaient alors plié bagage presque immédiatement et les collectivités locales avaient décidé de jouer en équipe pour maintenir un équipement estimé comme structurant pour le territoire.
Étaient alors entrés au syndicat mixte de l'aéroport de Saint-Etienne Loire (Smasel), le département de la Loire (à hauteur de 43%), Saint-Etienne Métropole (30,5%), la CCI (15%) la communauté d'agglomération Loire Forez (7%) et la communauté de communes Forez Est (4,5%).
Depuis, malgré les oppositions de certaines associations locales (notamment Forez Agir), ces financeurs semblaient plutôt alignés sur la même ambition : faire redécoller cet équipement capable d'accueillir des moyens courriers, type A320, grâce à sa piste de 2,3 kilomètres. Une nouvelle équipe de direction, aux manettes depuis 2022, travaillait au redéveloppement d'une activité charters, de lignes régulières, d'une offre d'aviation d'affaires et d'activités bord de piste. Le nombre de passagers progressait, passant de 4.400 en 2023 à 6.000 cette année. Loin, très loin néanmoins d'être suffisant pour permettre un équilibre financier et réduire la facture de ses contributeurs (1,5 million d'euros de subventions en 2024).
Sur ce point, l'aéroport stéphanois, situé à une centaine de kilomètres du hub de Lyon Saint-Exupery, est loin d'être un cas unique. Rappelons qu'un rapport de la Cour des comptes, publié en 2023, estimait presque impossible l'équilibre financier d'un équipement accueillant moins de 200.000 passagers par an, et pointait les 200 millions d'euros d'aides publiques perçues entre 2019 et 2021 par la trentaine d'aéroports régionaux français. Mais jusqu'ici, les financeurs ligériens tenaient la barre contre vents et marées. Indispensables disaient-ils pour accueillir des grands événements sportifs (matchs des Jeux Olympiques, Coupe du Monde de Rugby, etc) ou attirer de grandes entreprises.