Perfluorés, « polluants éternels » ou tout simplement PFAS. Depuis mai 2022, ces composés chimiques employés dans la fabrication de cosmétiques, de revêtements antiadhésifs ou certains produits imperméabilisants font l'objet de mesures réglementaires pour limiter leur rejet dans les eaux et les sols.
Et si leur présence dans ces deux milieux est désormais avérée et documentée, très peu d'éléments existaient jusqu'ici concernant leur présence dans l'air ambiant. C'est désormais le cas grâce à la première campagne de mesures réalisée par l'Observatoire de la qualité de l'air de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Atmo, qui démontre la présence de PFAS dans l'air ambiant sur les deux sites ciblés dans la Métropole de Lyon, qui a vu naître le scandale de ces perfluorés, au cœur de la vallée de la chimie.
Les recherches ont d'abord porté sur 22 molécules, puis 38 dans les dernières analyses correspondant à celles décelées dans l'eau ou à l'émission des installations industrielles. Réalisées d'une part en zone urbaine, et de l'autre en zone sous influence industrielle (à quelques kilomètres d'un site industriel), les mesures prises confirment la présence de PFAS à l'échelle du picogramme par mètre cube, de l'ordre de quelques dizaines en zone urbaine et de quelques centaines pour le second site.
Avec la présence marquée de deux particules : le PFHxA et le 6:2-FTS (92 %), en lien probable avec les activités industrielles du secteur, selon Atmo. Et, plus précisément, les rejets des deux chimistes Arkema et Daikin, qui produisaient jusqu'à très récemment ces deux molécules. Ces composés ont également été détectés dans les mesures réalisées dans l'air à l'émission de certains industriels du secteur par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL).