FOCUS. Alors que le gouvernement français pourrait annoncer ce mercredi une prolongation de la fermeture des stations, il est un autre secteur qui n'a aujourd'hui aucune visibilité : le monde de la culture. En Auvergne, l’un des dix premiers opérateurs nationaux de spectacles, Arachnée Concerts, traverse du mieux possible la plus grande crise qu'ait jamais connue sa filière, après avoir, entre autres, contribué à lancer Pascal Obispo, Nolwenn Leroy ou Jenifer."La période est compliquée", reconnaît Charline Pouzet, l'une des trois associées. L'opérateur national de concert, lancé en 1976 par Pierre-Yves Denizot puis repris depuis quelques années par Charline Pouzet et deux consoeurs, n'avait jamais connu une telle situation. Depuis mars, elles n'ont réussi à programmer que deux spectacles, entre les deux confinements. L'un à Lyon, avec une petite jauge et deux séances pour réussir à distancier le public. L'autre à Montluçon, qui était en zone "verte".
"A l'époque on parlait de zone verte et rouge. On a failli faire un troisième concert à Lyon, le dimanche 1er novembre en après-midi. La billetterie affichait complet, le nombre de réservations dépassait même de 100 à 150 personnes la jauge autorisée", se souvient Charline Pouzet. Les points de vente avaient dû renvoyer des mails à leurs clients afin de proposer des remboursements, pour repasser en dessous de la barre des 1.000 spectateurs.
"Sachant qu'on avait commercialisé en places numérotées, qu'il fallait faire de la distanciation, avec un public familial. Finalement, une fois qu'on a réussi à caler tout ça, nous avons appris quatre jours avant le spectacle qu'on serait confinés. Ça résume bien ce qu'on vit depuis le mois de mars, à savoir que c'est mission impossible."
Un opérateur national bien implanté au niveau local
Pourtant, des challenges, Corinne Chabrier, Charline Pouzet et Charlotte Guiot en ont relevé. Arachnée Concerts est aujourd'hui l'un des dix premiers opérateurs nationaux dans l'organisation et la promotion de concerts, de spectacles et d'événements sportifs en Auvergne-Rhône-Alpes et en Languedoc-Roussillon.
Les trois anciennes salariées ont racheté la société en 2013. Depuis, elles font en sorte de poursuivre la ligne directrice qu'elles se sont fixées au départ : à savoir, rester un acteur qui compte dans le paysage régional et demeurer solidaires avec leurs salariés.