L’an dernier, le réseau de chauffage urbain de Grenoble a atteint un record du recours aux énergies vertes (ENR&R), avec un taux de 72%. Une première pour un réseau de cette envergure en France. Il vise désormais les 100% d’ENR&R d’ici 2033.Opérateur du réseau de chauffage urbain de Grenoble pour le compte des collectivités depuis sa création en 1960, la Compagnie de Chauffage est devenu le second réseau de chaleur de France après Paris de par sa taille, et notamment ses 177 km de réseau.
Couvrant la ville de Grenoble, mais aussi désormais quatre communes limitrophes, l'opérateur énergétique local, qui emploie 210 salariés, vient d'atteindre un record d'énergies vertes, avec 72% de sa production réalisée à partir d'ENR&R. De quoi faire rougir une grande partie des collectivités françaises.
"Nous avons ainsi multiplié par 30 la chaleur distribuée à ses clients, tout en réduisant les émissions de CO2 de près de 60 % depuis 1990, alors que l'objectif européen fixe une réduction de 20 % à l'horizon 2020", indique l'opérateur local.
Un score d'autant plus intéressant que cette proportion se situait sous la barre des 0% à l'origine.
"Nous n'avons pas trouvé d'équivalent de notre taille qui arrive à ce score en Europe", résume Thierry Duflot, directeur général de la Compagnie de Chauffage.
Pour cela, la SEM a notamment développé un bouquet énergétique dans lequel le bois s'affiche comme le second combustible le plus utilisé, puisque 100 000 tonnes de bois ont chauffé, la saison dernière, l'équivalent de 30 000 foyers, et lui ont permis d'économiser près de 117 000 tonnes de C02 par rapport au charbon.
"Ces émissions évitées correspondent à l'équivalent des émissions annuelles de CO2 de près de 40 000 voitures, effectuant 15 000 km/an avec un taux d'émission de 120g/km", indique l'opérateur.
Et le choix de ce combustible ne s'est pas fait par hasard puisqu'il permet un approvisionnement local, issu d'exploitations éco-certifiées, dans un rayon de moins de 100 km autour de Grenoble.
"Travailler avec de petits producteurs locaux nous permet de sécuriser nos ressources et de nous organiser, de manière à stocker ces flux, tandis que nous leur permettront, en passant des marchés sur des périodes longues, d'avoir également de la visibilité ainsi qu'une garantie sur les prix", fait valoir Thierry Duflot.