POLITIQUE. Sa création en 2015 visait à instaurer un lieu d'échange et une occasion pour les Grenoblois de se retrouver : mais désormais, la Fête de Tuiles est un symbole d'un tout autre genre, puisque l'attribution de son marché public, pour les années 2015 et 2016, est directement dans le viseur du tribunal de Valence. Le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, candidat déçu du 1er tour de la primaire écologiste, n'est pas mis en examen à ce stade, mais il est à nouveau attendu à comparaître le 31 mars 2022, aux côtés d'autres agents administratifs.Il s'agit d'une enquête ouverte en 2018 et qui n'a pas fini de rebondir. Tout juste sorti de la course à la primaire écologiste, le maire EELV de Grenoble est replongé sans transition dans un dossier local. Car après avoir été auditionné, une première fois en juin dernier, par les enquêteurs de la PJ de Valence puis laissé libre, le parquet de Valence a finalement décidé de renvoyer cette affaire en correctionnelle. Toujours devant le tribunal judiciaire de Valence, et désormais pour une audience planifiée en date du 1er mars 2022.
Bien que l'élu EELV ne soit pas "mis en examen" à travers cette procédure, il s'agit d'un nouveau rebondissement dans une affaire qui concerne l'attribution des marchés publics d'un événement local, La Fête des Tuiles, qu'Eric Piolle avait souhaité créer de toutes pièces un an après son élection en 2014, afin de proposer un moment de rassemblement aux Grenoblois. Cette affaire n'est pas nouvelle et avait fait l'objet de plusieurs signalements depuis 2018. Car la Ville de Grenoble est notamment soupçonnée d'avoir « favorisé » une association, Fusées, qui aurait remporté le contrat de la municipalité pour deux éditions successives, sans qu'un appel à la mise en concurrence et à la publicité de ce marché n'ait été réalisé, comme le prévoit les textes en vigueur. Avec à la clé, deux contrats de 123.000 euros et 128.000 euros.
Une accusation de favoritisme
Présentée comme une association « créée par des professionnel-le-s des champs culturel, artistique et du développement local » en 2011, l'association Fusées se fixe notamment l'ambition de faire se rencontrer « les champs artistique, culturel et du développement territorial qui donne tout son sens au projet associatif » et affirme intervenir sur le territoire français tout en préparant « des actions européennes ».
Au cours des dernières années, plusieurs signalements avaient été faits : à commencer par celui de deux citoyennes grenobloises proches de l'ancien maire de Grenoble Alain Carignon (LR), qui avait conduit en premier lieu à l'ouverture d'un plainte contre X avec constitution de partie civile en septembre 2019. Mais celle-ci avait finalement été jugée irrecevable quelques mois plus tard, en janvier 2020, par le procureur de la République de Grenoble.