La Tribune - Du 27 au 29 septembre, Lyon va accueillir le 82e congrès HLM, organisé par l'Union Sociale pour l'Habitat (USH). En matière de logement social, la Métropole de Lyon a annoncé, l'an dernier, un objectif de 5.000 nouveaux logements locatifs sociaux et 1.000 logements en BRS (bail réel solidaire) par an. Une politique qui va plus loin que l'équipe métropolitaine précédente, mais qui semble compliquée à mettre en oeuvre dans le contexte actuel ? Aujourd'hui, quel est l'état des lieux du logement social dans la métropole ?
Renaud Payre : « La pression est plus que jamais là, avec une file d'attente pour obtenir un logement social qui est absolument intolérable. Aujourd'hui, on est à 8,5 demandes pour une seule de satisfaite. L'année dernière, nous étions à dix demandes pour une satisfaite, mais c'est toujours une file d'attente trop importante.
Quand j'ai annoncé ces objectifs au début du mandat, c'est parce que nous n'arrivions pas à répondre à l'ensemble de la demande au sein de la métropole. Mais actuellement, cet objectif est impacté par une crise de la construction. On se trouve dans une situation extrêmement inquiétante et qui est préoccupante pour l'avenir car le coût du foncier est extrêmement élevé. Les promoteurs et les opérateurs achètent un foncier très cher et ils ont en plus, des coûts de construction qui ne cessent de flamber. On se retrouve dans une situation de blocage avec le risque que certains décident finalement de ne pas faire sortir leurs opérations. [...]
Il faut garder à l'esprit qu'une opération est équilibrée à partir du moment où il y a de la vente libre. Mais les promoteurs nous disent qu'ils n'arrivent plus à se rattraper sur le prix de sortie. Jusqu'à présent, le foncier augmentait et ça se répercutait sur un prix de vente, qui ne cessait d'augmenter. J'ai toujours tenu le discours selon lequel il y avait un plafond pour le prix de l'immobilier dans notre métropole. On l'atteint aujourd'hui, car il y a des biens qui ne s'écoulent plus. Ça arrive par exemple à Villeurbanne quand ils dépassent 7.000 euros le m2. Quand ces opérations sont grippées, c'est le logement social aussi qui en pâtit. »