Conditionner le RSA à du travail : la Métropole de Lyon veut participer à l’expérimentation mais en fixant ses conditions
Zoé Favre d'Anne
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Conditionner le RSA (revenu de solidarité active) à 15 à 20 heures d'activité par semaine. C'est l'une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron qui doit être expérimentée dans 18 départements. Une promesse qui avait suscité une levée de bouclier à gauche.
Faisant partie du lot, la Métropole de Lyon, avec une majorité écologiste et de gauche, est néanmoins prête à suivre cette expérimentation au cahier des charges encore inconnu. Mais à sa façon, en transformant ces heures d'activité par des heures d'accompagnement pour mieux suivre les bénéficiaires dans la diversités de leurs situations. Et ce dans les communes de Givors et Grigny choisies pour leurs « indicateurs sociaux plutôt rouges », concernant environ 1.800 bénéficiaires du RSA.
« A priori, on ne partage pas, en valeur, ce que le gouvernement laisse sous-entendre avec cette expérimentation, à savoir du nettoyage de liste de bénéficiaires. En revanche, on a la responsabilité d'accompagner sur notre territoire et de montrer, avec les autres territoires de gauche, qu'en accompagnant finement, et pas avec du travail, nous avons des expériences positives pour les habitants », affirme Émeline Baume, vice-présidente de la Métropole de Lyon déléguée à l'économie et à l'emploi.
Sur le fond, « l'idée est que chaque jour le bénéficiaire ait un programme pour aller de l'avant et se rapprocher de l'emploi. Pour une personne en grande difficulté, nous allons commencer par des ateliers logement et santé. Après, il y aura des immersions en entreprise et on mettra le paquet sur les formations. C'est un socle commun qui sera adapté aux réalités de chaque territoire et de chaque public, qui ne sont pas les mêmes en Aveyron ou en Seine-Saint-Denis », avait déclaré, en décembre à l'AFP, le porteur de cette expérimentation, Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l'emploi et à l'engagement des entreprises.
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Alors qu'une enveloppe globale de 20 millions d'euros devrait être répartie entre les 18 territoires, la Métropole de Lyon compte utiliser la somme qui lui sera attribuée (aujourd'hui inconnue) pour appuyer sa propre politique d'accompagnement. La collectivité avait d'ailleurs, de sa propre initiative, mis en place un Revenu de solidarité jeune pendant la crise sanitaire.
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