La grève des sapeurs-pompiers lyonnais au cœur des tensions budgétaires
Emma Rodot
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Mobilisés depuis le 1er octobre 2024, les sapeurs-pompiers du Rhône poursuivent le mouvement et attendent la position de l'Etat à l'issue du Beauvau de la sécurité civile, initié par Gérald Darmanin l'année dernière, et que les gouvernements successifs...
En grève depuis quatre mois, les pompiers du Rhône réclament salaires et renforts malgré des finances sous tension. Lundi, ils ont rencontré le ministre lyonnais François-Noël Buffet, qui réouvre le débat sur le financement des secours.
Les sirènes cette fois éteintes, mais les vêtements anti-incendie sur le dos, les sapeurs-pompiers du Rhône ont à nouveau voulu marquer le coup à l'occasion du vote du débat d'orientation budgétaire 2025 de la collectivité, initialement prévu en décembre. Lundi, ils étaient environ 250 à nouveau réunis devant le Conseil de la Métropole de Lyon.
Car la Métropole de Lyon finance 80 % des 176 millions d'euros du budget de fonctionnement annuel du SDMIS69 (Service Départemental-Métropolitain d'Incendie de Secours), qui couvre une zone de 1,8 million d'habitants, le reste étant à la charge du Département du Rhône et des communes.
Un budget qui ne serait pas à la hauteur pour les sapeurs-pompiers, en grève depuis le 1er octobre. Cela, en raison « d'une succession d'éléments déclencheurs », avec leur réquisition cet été pendant une semaine pour les Jeux olympiques, rétribuée 200 euros, mais aussi la suppression d'une prime logement pour certains d'entre eux, faisant suite aux recommandations d'un rapport publié par la Cour régionale des comptes en octobre 2023.
Revendications salariales, statutaire et budgétaire
Des événements qui ont ajouté de la pression à un contexte déjà tendu : le nombre d'interventions a augmenté de 33% ces dix dernières années selon les sapeurs-pompiers, de 18% pour la Cour des comptes entre 2015 et 2023, pour atteindre aujourd'hui les 140.000 par an. Cela, pour un service de 1.070 sapeurs-pompiers professionnels, en sous-effectifs, « avec 1 sapeur-pompier pour 1.490 habitants à Lyon, contre 1 pour 800 habitants à Paris », soutient Johan Mounard, représentant CGT.
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Le SDMIS, rattaché à la fonction publique territoriale, est également appelé pour des missions nationales dans le cadre de la lutte antiterroriste, les risques chimiques, mais aussi en dehors de son périmètre : « dans le Sud, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, mais aussi en Espagne, au Canada, en Grèce... », énumère Rémy Chabbouh, porte-parole du syndicat SUD (majoritaire) au SDMIS, qui explique que pour certains sapeurs-pompiers, « environ 600 heures par an ne sont pas rémunérées », du fait d'un régime dérogatoire de gardes « en 24 heures, rémunérés 17h ».