Bruno Bernard : "L'économie et l'écologie sont totalement compatibles"
Denis Lafay et Marie Lyan
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En vue des prochaines échéances électorales, Bruno Bernard prône le rassemblement, et non la personnalisation "d'un héros ou d'une star" : "À chaque fois, on a gagné sur des projets".
[Grande Interview] Depuis quelques semaines, le nouveau président EELV Bruno Bernard, est sur tous les fronts ou presque. Celui qui a ravi les clés du Grand Lyon à David Kimelfeld et Gérard Collomb, après le déferlement d'une "vague verte" à la lyonnaise, se confie à la Tribune Auvergne Rhône-Alpes sur sa vision de la métropole de demain. Et revient, à travers une interview sans concessions, sur les premiers dossiers chauds de son nouveau mandat : relations avec les acteurs du monde économique, avenir de la vallée de la chimie ou du quartier Part-Dieu, présidence du Sytral, et de Lyon...
La Tribune Auvergne Rhône-Alpes : Vous venez tout juste de ravir le fauteuil de Gérard Collomb et David Kimelfeld à la tête du Grand Lyon. Une première pour un élu Vert, à la tête d'une super collectivité de 1,4 million d'habitants et de 9.200 agents, pour un budget de 3481,5 millions d'euros. Quelle sera votre stratégie économique à l'échelle du territoire ?
Bruno Bernard : "Le développement économique représente environ 1 % de notre budget global. Mais quand on fait croire que c'est le président de la métropole qui va faire en sorte de créer des emplois, c'est être loin de la réalité des choses. Nous avons une métropole dynamique, créatrice d'emplois. Bien que l'on crée beaucoup plus d'emplois que les autres, cela provoque un déplacement important en direction de la métropole qui nous pose à la fois des problèmes de déplacement, de pollution, de logement, ainsi que de service public, dans les écoles qui débordent".
Vous défendez une vision axée sur la coopération des territoires. Sous quelle forme exactement ?
"Il s'agit de voir comment, avec les territoires autour de nous, comme Saint-Etienne, Mâcon, Roanne, Grenoble, on peut faire un développement de l'aire urbaine de Lyon le plus cohérent possible. Quel est l'intérêt de financer l'installation d'une entreprise à un endroit plus qu'à un autre, si l'on n'a pas de logements disponibles alors qu'il en existe ailleurs ? Pour moi, il est important de passer d'une compétition des territoires à une coopération".
En 2001, à l'occasion de l'élection de Gérard Collomb à la Ville de Lyon, le milieu des décideurs économiques était vent debout. Ce dernier a ensuite réussi à instaurer une relation de confiance et de co-construction et finalement, la peur est retombée. Est-ce une trajectoire modèle pour vous ?
"Pour agir, il faut convaincre. Et il est plus facile de le faire lorsqu'on a une volonté politique et que les actions sont comprises. J'ai rencontré énormément d'acteurs économiques jusqu'à aujourd'hui, comme le président de Seb, les Laboratoires Boiron, mais aussi des entrepreneurs, la fédération du BTP, tout en me rendant sur des territoires comme la Vallée de la Chimie. Beaucoup avaient déjà intégré la nécessité de mener une transition écologique pour durer et recruter. Avec, finalement, des intérêts assez compatibles aux nôtres, même s'il existe une inquiétude liée au changement.
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