Lyon-Turin : la nomination d'Élisabeth Borne, une nouvelle susceptible de remettre le dossier sur les rails ?
Didier Bert
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Photo d'illustration
Jean-PIerre Clatot / AFP
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Promis, juré, le gouvernement français allait décider du tracé définitif de l'accès au tunnel transfrontalier du Lyon-Turin avant la fin du premier trimestre 2022. L'ancien ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, l'assurait en septembre 2021.
Alors que la fin du second trimestre tant attendu se rapproche, aucun tracé n'a toujours été communiqué. Les observateurs du chantier pharaonique, estimé aux environs de 26 milliards d'euros, ne sont guère surpris : cela fait des années que le suspense dure.
Certains se raccrochent à ce qu'ils peuvent. Le lobby de la Transalpine, qui réunit des collectivités et des sociétés favorables à la liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, saluait récemment la nomination d'Élisabeth Borne au poste de première ministre, voyant en cette nomination de l'ancienne ministre des Transports un geste en direction de la concrétisation d'un choix définitif.
La réalité est plus prosaïque. Le chantier du creusement du tunnel de 57 kilomètres sous les Alpes est en cours... mais on ne sait toujours pas comment la France va relier ce tunnel à son infrastructure ferroviaire.
La région Auvergne-Rhône-Alpes et le département de la Savoie, par la voix de leurs présidents respectifs Laurent Wauquiez et Hervé Gaymard, privilégient le scénario offrant le volume de fret le plus élevé, avec des tunnels sous les massifs de Chartreuse, Belledonne et Glandon, au coût de 6,7 milliards d'euros. Deux autres scénarios, aux environs de 5 milliards d'euros, privilégient soit le transport de passagers, soit l'économie des tunnels sous Belledonne et Glandon. L'Union européenne s'est déclarée prête à prendre la moitié de la facture des accès à sa charge.
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Risque-t-on de se retrouver avec un énorme tunnel qui débouche sur la vallée de la Maurienne, sans raccordement au réseau? Ce scénario absurde paraît de plus en plus envisageable, et inquiétant aux yeux des partisans de la liaison à haut gabarit. En effet, une fois l'accès choisi, il faudra lancer les procédures et les travaux. Tout cela prendra du temps. Et le futur tunnel risque de plus en plus d'être prêt avant de pouvoir être raccordé.
Didier Bert