« Une petite année » et non pas deux mois, c'est le délai aujourd'hui annoncé par François Ravier, préfet de Savoie, pour la réouverture de la ligne ferroviaire transfrontalière entre Saint-Jean-de-Maurienne et Modane (Savoie). Et plus globalement, entre Paris et Milan. Depuis le 27 août dernier, celle-ci est en effet interrompue, consécutivement aux éboulements de 15.000 m3 de roches qui se sont produits à cinq kilomètres de l'entrée du tunnel du Fréjus. La ligne voyait circuler jusqu'alors 34 liaisons de fret et 26 trains de voyageurs par jour, indique SNCF Réseau, qui pourraient être reportés vers d'autres types de mobilités.
Initialement annoncée fin octobre, la réouverture de la ligne ne se ferait finalement qu'à l'été 2024. Les travaux de sécurisation doivent en effet être prolongés avant tout déblaiement des enrochements, notamment en raison de l'instabilité du flanc de montagne. Celui-ci doit être « purgé » des 3 à 4.000 m3 de roches fragilisées, au moyen d'eau ou d'explosifs. Ce n'est qu'à l'issue de cette étape que les travaux de déblaiement des voies pourront réellement commencer.
Cet arrêt prolongé va directement affecter la desserte ferroviaire entre la France et l'Italie via le tunnel du Mont-Cenis, qui voit passer environ 10.000 trains par an, soit « deux millions de passagers », déclare de son côté Stéphane Guggino, délégué général de l'association favorable au projet Lyon-Turin La Transalpine, et trois millions de tonnes de fret chaque année. Elle permet notamment d'assurer la ligne Paris-Lyon-Turin-Milan. Les deux opérateurs ferroviaires présents sur cette liaison, à savoir SNCF Voyageurs et Trenitalia, vont devoir trouver des solutions pour assurer leur service, mais aucune alternative évidente ne semble se dégager pour l'instant.