C'est un tronçon de 88 kilomètres, entre Montmarault dans l'Allier et Digoin en Saône-et-Loire. Cette autoroute A79 a été convertie au « flux libre » il y a un peu plus d'un an et demi, en novembre 2022. Depuis cette date, elle est toujours payante, bien sûr, mais les automobilistes ne règlent plus aux barrières de péages classiques. Ces barrières physiques ont été remplacées par des portiques munis de caméras et de capteurs intelligents, qui lisent et identifient les plaques d'immatriculation et les badges de télépéage.
Le montant est calculé automatiquement, une fois retracé le trajet du véhicule sur l'autoroute. Pour le véhicule, plus besoin de s'arrêter. L'automobiliste a, en revanche, 72h pour payer son trajet. Sinon, il se voit infliger une pénalité de 10 euros à régler dans les 15 jours, 90 euros au-delà.
Ce système « en flux libre » est une transformation majeure dans les habitudes de paiement et nécessite un temps d'adaptation. Les débuts ont donc été un peu compliqués. L'an dernier, 5% de trajets ont abouti à un non-paiement.
« L'année dernière était une année d'apprentissage. Nous sommes désormais, depuis le début de l'année, à moins de 1% de non-paiement au-delà des 72h. Cela montre une meilleure compréhension du fonctionnement. Nous avons beaucoup communiqué, envoyé descourriers pédagogiques pour les usagers qui prenaient l'autoroute pour la première fois, mis en place un centre d'aide et d'assistance de 25 personnes... », précisePierre Méau, directeur péage chez APRR, le concessionnaire de l'autoroute.
Le concessionnaire ne souhaite pas indiquer le nombre d'indemnités payées par les automobilistes contrevenants. Mais il précise que c'est une proportion assez faible, au regard des 11 millions de trajets effectués sur cet axe depuis novembre 2022. Reste que cela a suscité la colère de certains usagers.
« La nouveauté crée toujours des mécontents, mais cette autoroute A79 est plutôt empruntée par des utilisateurs fréquents, donc ils sont tous désormais au courant et habitués. On risque maintenant d'assister à un effet d'entraînement. Car les automobilistes vont exiger ce service, qui permet de ne pas perdre de temps et de fluidifier le trafic, sur les autres axes. Cela peut devenir un standard, non pas pour des questions réglementaires, mais d'attente des clients », analyse Arnaud Aymé, spécialiste transport chez Sia Partners.