Taxation des autoroutes : « une petite bombe à retardement » pour les usagers
César Armand
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La taxation sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance a été inscrite dans le budget 2024 de l'Etat pour financer la transition écologique.
Reuters
Taxation des autoroutes : « une petite bombe à retardement » pour les usagers
Vinci vient d'annoncer une nouvelle hausse de ses tarifs de péage au 1er février 2024 dans un contexte où les autoroutes vont être taxées par l'Etat pour financer la transition écologique. Est-ce un « coup tordu » comme l'estime le PDG du groupe coté au CAC 40 ? Quel recours peut-il former devant le Conseil d'Etat et le Tribunal administratif ? Les autoroutes vont-elles bientôt coûter beaucoup plus cher ? Décryptage.
L'annonce est tombée ce matin : Vinci Autoroutes, qui dispose du réseau le plus dense de France, va augmenter, de nouveau, les tarifs de ses péages le 1er février prochain. La hausse, qui restera « la plus faible du secteur » selon la société, sera, en moyenne, de 2,7%.
Et ce alors que le Conseil constitutionnel a confirmé, le 28 décembre, la constitutionnalité de la taxation sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance. Inscrite dans le budget 2024 de l'Etat pour financer la transition écologique, la mesure suscite la colère de Vinci.
Un « coup tordu » ?
Lors d'un déjeuner avec la presse le 12 janvier, le président-directeur général du groupe de BTP et de concessions, Xavier Huillard, a qualifié la taxation de « coup de canif sur les autoroutes ». Et pour cause : avec 4.443 kilomètres en concession via ASF, Cofiroute, Escota, Arcour et Arcos, sa facture s'élève à 285 millions d'euros.
« Ce n'est pas le moment de faire des coups tordus », a poursuivi le patron de la major cotée au CAC 40, rappelant que le coût de décarbonation des autoroutes est de l'ordre de 5.000 à 6.000 euros par kilomètre.
« Les Etats, et pas seulement la France, vont se rendre compte que les capex (dépenses d'investissement) sont gigantesques et qu'ils ne vont pas y arriver seuls. Allongeons plutôt la durée de vie des concessions »,a prêché, pour sa propre paroisse, Xavier Huillard.
Il n'empêche : Vinci sera obligée de payer la note dès lors que le décret d'application de la loi de finances 2024 sera publié au Journal officiel. Le PDG de la multinationale a donc annoncé, mi-janvier, aux journalistes qu'il ferait un contentieux au Conseil d'Etat et au Tribunal administratif.
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