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Vos FinancesAssurance Vie

Assurance-vie : comment les assureurs veulent rendre le placement préféré des Français à nouveau attractif

Alexandre Phalippou

Publié le 23 avril 2011 à 02:25 - Mis à jour le 23 avril 2011 à 02:31

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Les assureurs sont formels : c'est la fin de l'âge d'or des fonds en euros, ce placement, garanti à 100%. Les compagnies rivalisent d'imagination pour amortir le choc de la remontée prévisible des taux, au risque de voir fondre les encours des anciens contrats devenus moins rémunérateurs.

Le prochain tsunami a pour nom « inflation ». S'il est parti des pays émergents et des pays du Golfe, c'est sur les côtes de l'Hexagone qu'il risque de s'abattre. Et en particulier sur les fonds en euros, présents sur les contrats d'assurance-vie. Une exception française que nous envient tous nos voisins européens. Ou plutôt nous enviaient. Car leur avenir s'assombrit au fil des ans. Les assureurs sont formels : c'est la fin de l'âge d'or des fonds en euros, ce placement, garanti à 100 % qui a rapporté depuis des années entre 2 et 5 fois plus que l'inflation.

Petit retour en arrière. Depuis le milieu des années 1970, les taux des obligations, qui composent majoritairement ces fonds en euros, ont lentement baissé pour atteindre certainement un plus bas fin 2010. Presque chaque année, les sommes versées par les épargnants sur les fonds en euros (la collecte), étaient donc investies à un taux inférieur aux années précédentes. Comme le stock était constitué d'obligations plus anciennes, aux coupons supérieurs, la lente érosion des taux a été largement amortie. Résultat : les fonds en euros ont, chaque année, délivré un rendement bien supérieur à celui des taux du marché.

Seulement voilà : à présent que les taux remontent, cette inertie des fonds en euros va jouer en leur défaveur. Ils risquent donc de rapporter moins que le livret A, indexé sur l'inflation et les taux interbancaires. Un comble pour l'assurance-vie qui promet une meilleure performance en échange d'une durée de placement plus élevée ! Cette lame de fond, les assureurs l'ont vue arriver de loin. Et se sont mis en ordre de bataille pour l'affronter.

La première des mesures à prendre était de renforcer la coque du bateau, fragilisée par la crise financière. Autrement dit, les fonds propres de la compagnie. En cas de krach obligataire, les assureurs ne devront pas provisionner les moins-values virtuelles affichées par leurs obligations en portefeuille. Car l'assurance-vie est un produit d'épargne long terme, et les obligations peuvent être détenues jusqu'à l'échéance. Le vrai risque, en revanche, est de voir les épargnants retirer leurs billes des fonds en euros pour les confier à d'autres produits plus rémunérateurs. L'assureur devrait alors revendre ses obligations et... encaisser les moins-values.

Certaines compagnies ont déjà effectué un virage à 180 degrés afin d'accompagner la vague au lieu de la prendre de plein fouet. Pas toujours simple à mettre en oeuvre. Concrètement, pour profiter de la hausse des taux au lieu de la subir, il faut réduire la part des obligations à long terme. Generali, qui a restructuré son stock en 2009, annonce aujourd'hui qu'un tiers de son portefeuille est « sensibilisé » à la hausse des taux. Par quels moyens ? En achetant au fil de l'eau des obligations à échéance plus courtes (2 à 4 ans), des obligations indexées sur l'inflation, à taux variable, voire des obligations d'entreprises plus rémunératrices. Sans oublier la part investie en actions ou en immobilier de ses fonds en euros. La tâche sera plus ardue pour les « paquebots », comme disent les assureurs, à savoir les fonds en euros dotés de plusieurs dizaines de milliards d'encours. On a beau changer le gouvernail, un Zodiac tournera toujours plus vite qu'un cargo... De fait, dans les fonds récents, la collecte - qui peut être investie au taux du marché - représente la moitié, voire la totalité des encours. À titre de comparaison, la collecte nette de l'Afer en 2010 était de 1 milliard d'euros, pour 46 milliards d'épargne gérée, soit un ratio de 2,1 %.

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Voilà pourquoi certains assureurs ont décidé de loger plusieurs fonds en euros, dont certains plus récents, à l'intérieur d'un même multisupport, comme l'a fait ACMN (Crédit Mutuel) sur ses contrats Internet. Avec le risque de voir fondre les encours des anciens fonds, devenus moins performants... D'autres créent de nouveaux supports dans leurs contrats. Comme les fonds garantis, ne présentant aucun risque de perte pour l'épargnant et offrant une meilleure réactivité aux marchés boursiers. Les fonds en euros dits « diversifiés » constituent également une alternative, en introduisant une plus grande poche actions en échange d'une garantie moindre en capital. Enfin, chez Oddo, on mise sur le boom des assurances-vie à « annuités variables ». Des contrats qui, pour faire simple, promettent un rendement à vie en échange du paiement d'une garantie, dont le coût reste pour l'instant très élevé.

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Impossible de dire aujourd'hui quelle stratégie sortira gagnante. Mais une chose est sûre : « les compagnies qui ne préparent pas le coup d'après vont connaître des jours difficiles », prophétise un assureur.

Alexandre Phalippou

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