Combien l'économie collaborative rapporte-t-elle aux Français ?

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Prendre le covoiturage au lieu du train fait partie des sources de gain permises par l'économie collaborative.
Prendre le covoiturage au lieu du train fait partie des sources de gain permises par l'économie collaborative. (Crédits : DR)
Prendre un covoiturage au lieu du train, louer son appartement à un particulier quand on part en vacances ou vendre ses vieux meubles inutilisés, voici les différentes façons de gagner de l'argent grâce à l'économie collaborative.

C'est plus que du beurre dans les épinards. Selon une étude réalisée par CSA pour Cofidis dont les résultats ont été publiés le 12 janvier 2017, l'économie collaborative rapporterait en moyenne 495 euros par an aux Français. Et de plus, elle serait utilisée par 95% des Français en tant que consommateur et par 81% d'entre eux en tant que "vendeur" (hôte Airbnb, conducteur Blablacar, vendeur sur leBoncoin). La pratique est même "régulière" pour 62% d'entre eux.

Pour arriver au chiffre de 495 euros, l'étude additionne le montant moyen qui a été économisé par les utilisateurs de l'économie collaborative, soit 257 euros, et la somme gagnée en vendant leurs biens ou en proposant leurs services : 238 euros par an en moyenne. Le gain obtenu par l'économie collaborative est donc considéré dans un sens très large, car il peut inclure des choses aussi diverses que la vente d'un meuble sur leboncoin ou l'économie réalisée en prenant un covoiturage au lieu d'un train pour le même trajet.

Cela cache donc probablement des réalités très diverses : un propriétaire qui loue son appartement parisien sur Airbnb pendant plusieurs semaines par mois pourra aisément dépasser ce montant alors que de nombreux Français se limiteront à quelques utilisations de l'économie collaborative par an, et devront donc se contenter d'un gain bien moins important.

Les jeunes y voient une solution d'avenir pour leurs revenus

Sans surprise, ce sont les jeunes et les catégories socio-professionnelles supérieures (CSP+) qui font le plus appelle plus à l'économie collaborative. La quasi-totalité (98%) des 25-34 ans ont ainsi utilisé au moins une fois un de ces services dans l'année et leur gain moyen s'élève à 613 euros par an. Chez les CSP+, le gain moyen s'élève à 686 euros par an, pour un taux d'utilisation de 96%.

Il est donc logique de voir ces deux catégories de la population être celles qui placent le plus d'espoir dans cette économie. Ainsi, selon 4 jeunes de 25-34 ans sur 10, la consommation collaborative pourrait constituer une part non négligeable de leurs revenus dans le futur. Ce taux est également plus élevé chez les CSP+ (32%) que sur l'ensemble de la population (26%). Reste à savoir si le fait de se reposer sur l'économie collaborative est un réel motif d'espoir ou juste le signe d'une résignation quant à l'incapacité d'obtenir suffisamment de revenus grâce au monde du travail "classique"...

Lire aussi : L'ESS veut se réapproprier l'économie collaborative

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Commentaires
a écrit le 14/01/2017 à 23:29 :
Il n'est pas normal que des hôteliers ou transporteur professionnels (train taxi etc) paient des impôts alors que d autres non...on ne joue pas à jeu égal je trouve
Réponse de le 15/01/2017 à 23:06 :
Mais que voilà une bonne idée de piste pour Terra Nova : taxer les personnes qui se font transporter par leur père/mère/frère/soeur/enfants/potes/voisins puisqu'il s'agit d'un trajet en taxi fictif.
a écrit le 14/01/2017 à 16:16 :
La récupération, par un intermédiaire, des "bénéfices" de la collaboration!
a écrit le 14/01/2017 à 15:03 :
495€/an.. mais c'est considerable!!! ca fait plus qu'1/2 revenu universel Hamon... J'espere que l'etat arrive a les taxer pour en reprendre au moins 33%. Sinon il faut vite legiferer contre ces fraudeurs qui peuvent quand meme s'acheter... 2/3 d'I-phone en plus/an!!!
Ah oui, sinon il y a un truc qui s'appelle juste "l'entraide"!
C'est gratuit, ca prend un peu de temps et ca fait du bien! mais il n'y a peu etre pas d'app a telecharger!
a écrit le 14/01/2017 à 14:38 :
De l'usage du collaboratif, tout est une question de point de vue, de finalité et d’échelle. Finalement le collaboratif, c'est le système qui a prévalu pendant des siècles et quasiment dans tous les domaines de la société. C'est peu être même l’un des protocoles d’échange majeur de la civilisation et du vivre ensemble. Que ce soit, en termes de commerce ou de troc, de dons, à de multiples niveaux : familial, voisins, habitants, entre cultures ou religions, entre catégories sociales... La frontière entre d’un côté le travail & commerce rémunérateurs et de l’autre l’associatif volontaire & le gratuit est difficile à déterminer.
On parle aussi de « volontariat », ce qui sous entend du travail volontairement gratuit, ou le fait de volontairement travailler ? un peu comme si le travail en entreprise n’était pas volontaire. Il suffit de demander au chômeurs pour se rendre compte qu’ils sont majoritairement malheureux sans travail.

Certains pensent que le fait de tout ramener tous les échanges à une hiérarchie vendeur/acheteur ou chef/exécutant, peut suffire à constituer la société. Mais il est évident que les populations ont également besoin d’autres types d’échanges et de relations.
L’arrivée d’Internet, outil collaboratif par excellence a provoqué un bouleversement phénoménal, que ce soit pour les applications commerciales et technologiques mais aussi pour l’organisation ou la désorganisation des échanges. Pour l’aspect communication et expression c’est une forme de démocratisation.
Le collaboratif, en tant que méthode de travail, est certainement la méthode la plus performante, pour ceux qui ont connu le hiérarchique déshumanisé ou le taylorisme déresponsabilisant (et viceversa), ces deux dernières méthodes étant par ailleurs automatisables et remplaçables par des machines. Le tout hiérarchique a toujours cours, par exemple dans quelques unes de nos administrations ou dans des groupes en situation de monopole, ce qui explique le difficultés d'évolution et d’adaptation.
D’ailleurs les travailleurs sont les plus performants, individuellement lorsqu'ils maitrisent une activité qui les intéresse, ou collectivement lorsqu'ils partagent leur expertise, ce qui fait progresser l'ensemble, au lieu d'un individu.

La diversité, les capacités d’adaptation et surtout de réponse à des besoins, sont certainement les avantages du collaboratif ce qui le rend très performant.

Cela n’empêche pas malgré tout de définir des règles communes, des structures, une régulation des manières de collaborer.

Un équilibre à trouver : une société sans collaboratif n'existerait pas longtemps, ou pas de manière volontaire. Le fait de basculer dans l'autoritarisme mène souvent à des conflits ou des dictatures.
a écrit le 14/01/2017 à 13:50 :
Visiblement il n'y a que l'uberisation de l'économie qui vous intéresse! L'exploitation des échanges que fait déjà la TVA! Un parasitage!
a écrit le 14/01/2017 à 13:31 :
Bon article dans l'ensemble. Attention le collaboratif est concurrencé par les entreprises Low Cost. Exemple avec bllalablacar : 3 trajets effectués : le premier a crevé 3 heures de retard, le second avait 1/4 heure de retard le troisieme n'est jamais venu. Donc je priilegie les cars macrons qui partent et arrivent a l'heure pour un cout moins elevé. En effet le particulier n'est pas fiable et n'est pas organisé comme une entreprise. Le segment Low cost taillera des croupieres au collaboratif car lui rend un service professionnel d'entreprise et en plus des prix bas. Ca c'est ne realité. En plus les entreprise low cost paye impots et charges et pas grand chose pour le collaboratif
a écrit le 14/01/2017 à 12:58 :
C'est incroyable, à chaque fois que les consommateurs essaient de dépenser moins, on transforme cela en gain, ce qui est totalement FAUX. De nombreux postes de dépense ont tellement augmenté ces dernières années (taxes, impôts, énergie, loyers, transports, etc.), que les français SONT OBLIGES de faire attention à leurs dépenses, et donc l'économie de la "juste valeur" prend forcément plus d'importance.

Économie collaborative ne veut rien dire. Pour prendre l'exemple du covoiturage, ce procédé existe depuis de nombreuses années, et le lieu de rdv était fréquemment place d'italie ou porte d'orléans, mais internet n'existait pas ou était balbutiant. Le fait que quelques acteurs industrialisent ce procédé est bien mais ils sont gourmands car les frais sont élevés. Ils n'ont rien inventé, ils ont juste utilisé correctement les techno de communication. Il n'y a rien d'innovant.

Tout comme prêter ses outils à un voisin ou à une personne en ayant besoin, c'est juste savoir se rendre service les uns les autres et être humain face à l'augmentation du coût de la vie et des besoins nouveaux indispensables (ex internet, téléphonie mobile, ordinateur - un étudiant sans ordinateur a moins de chance de réussir). Bizarrement les instituts d'analyse ne souhaitent pas intégrer ces coûts dans leurs travaux statistiques....
a écrit le 14/01/2017 à 12:18 :
Faut-il dire "économie collaborative" ou "travail au noir" ? Peut-on à la fois encenser l'un et critiquer l'autre ? N'est-ce pas aussi le symptôme d'un système de prélèvements sociaux et fiscaux confiscatoires ?
a écrit le 14/01/2017 à 10:59 :
Pour moi le collaboratif cela veut dire sans intermédiaire. Hors toutes les plateformes citées ne sont pas gratuites.
a écrit le 14/01/2017 à 9:40 :
Seuls les 238 euros/an sont du cash flow. C'est moins qu'une prime de Noel. Les 257 euros/an représentent l'avantage compétitif de l'économie collaborative. C'est considérable à priori, mais c'est un avantage bien fragile. Le principal acteur en est l'Internet gratuit. L'état commencent à vouloir taxer les plateformes d'échange et réglementer le numérique.

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