Assurance emprunteur : la bataille fait rage entre assureurs et banquiers

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78% des ménages ayant souscrit un prêt immobilier ont choisi l’assurance emprunteur de leur banqu.
78% des ménages ayant souscrit un prêt immobilier ont choisi l’assurance emprunteur de leur banqu. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Nonobstant les lois visant à accroître la concurrence, les bancassureurs gardent une part de marché conséquente sur le marché de l’assurance emprunteur. Les assureurs tentent de réagir… mais leur salut pourrait provenir des courtiers en crédits immobiliers.

Les banquiers contrôlent toujours autant le marché de l'assurance de prêts immobiliers qui pèse au total 8,4 milliards d'euros. Concrètement, "78% des ménages ayant souscrit un prêt immobilier ont choisi l'assurance emprunteur de leur banque", constatent les experts du cabinet Xerfi. Sur ce marché mature, "ni la loi Lagarde de 2010, ni la récente loi Hamon n'ont entamé l'hégémonie des bancassureurs sur le marché de l'assurance emprunteur", ajoutent-ils.

Les emprunteurs sont de plus en plus âgés

Les deux objectifs initiaux de la loi Lagarde n'ont en fait pas été atteints : le jeu concurrentiel ne s'est pas développé, et la baisse des tarifs n'a été que très modérée. Sur ce dernier point, il faut dire que la croissance des prix de l'immobilier et les exigences accrues des banques pour accorder des prêts ont fait reculer l'âge moyen de l'accédant à la propriété. Or, par définition, plus l'emprunteur est âgé, plus la prime d'assurance sur son crédit sera élevée. Quant à l'allongement du délai de rétraction à un an, institué par la loi Hamon, il n'aura selon Xerfi, "qu'un impact limité à court terme sur l'assurance emprunteur".

Lutter contre l'hégémonie des banques

Les assureurs se mettent donc en ordre de marche pour lutter contre l'hégémonie des banques qui, d'un côté, se sont adaptées aux exigences du marché en élargissant leur offre standard, et, de l'autre, ont misé sur des '"stratégies d'internalisation des compétences qui remettent en cause les logiques de partenariat entre l'assureur-producteur et la banque-distributeur", explique l'étude de Xerfi.
Une stratégie qui donne des maux de tête au plus important des assureurs de ce marché : la CNP Assurances. En effet, Xerfi note que la compagnie "a construit son modèle économique sur ce type de partenariat".
Pour contrecarrer les plans des banques, les assureurs développent eux aussi une large gamme de contrats d'assurance emprunteur et se montrent par ailleurs de plus en plus offensifs sur internet.

Les courtiers immobiliers, le meilleur allié des assureurs

Mais leur salut pourrait bien provenir des courtiers en crédit immobilier, qui proposent pour beaucoup une offre exhaustive de produits d'assurance emprunteur, qu'ils viennent "de l'assureur traditionnel au groupe mutualiste en passant par les courtiers grossistes et les bancassureurs", indique l'étude de Xerfi. 

Avec 25% de parts de marché sur la distribution de crédits immobiliers, ils peuvent clairement changer la donne. D'autant qu'ils risquent d'être amenés à se développer à l'avenir : le durcissement des conditions d'octroi de crédits et les taux d'intérêts faibles qui incitent à la renégociation ont tendance à favoriser leurs affaires.
Ce qui fait dire en conclusion aux auteurs de la note de Xerfi que "les courtiers en crédit pourraient donc bien faire quelque peu bouger les lignes du marché de l'assurance emprunteur".

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Commentaires
a écrit le 07/06/2014 à 16:33 :
Pour l'avoir vécu la banque donne son accord de principe et met tellement de temps à boucler le dossier avec l'assurance qu'on arrive à la date butoir sans avoir le choix. Les courtiers sont sûrement là pour leur intérêt mais tout comme les banquiers, l'essentiel est que l'intérêt de l'intervenant coïncide avec celui du client.
a écrit le 06/06/2014 à 21:51 :
Mais quand donc les clients des banques comprendront que les courtiers sont là avant tout pour leur interet , et trés secondairement pour ceux de leurs clients ?
Réponse de le 12/06/2014 à 12:10 :
malheureusement je n ai pas calculer les centaines de millions d intérêts qu ion a fait gagner à nos clients depuis 10 ans avec de meilleurs taux et des durées plus courtes
Un courtier

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