Dans la salle d'attente de l'étude d'Emmanuel Porcq, notaire dans l'arrière-pays deauvillais, les candidats à l'acquisition contemplent des murs désespérément vierges. Plus aucune annonce immobilière n'y est punaisée depuis plusieurs semaines, raconte l'hôte des lieux. « Tout se vend sous le manteau par les agents immobiliers ou les syndics. Beaucoup de biens ne vont même plus à l'affichage, ils s'échangent par le bouche-à-oreille». Également président de la chambre interdépartementale des notaires de l'ex Basse Normandie (Orne, Calvados et Manche), maître Porcq avoue son étonnement face à une situation inédite.
Les premiers responsables de cet assèchement de l'offre sont identifiés, ils ont pour origine la couronne parisienne. Fuyant la métropole, les Franciliens se sont rués sur les maisons et les appartements anciens (entendez par là, de plus de 5 ans) du littoral et des localités petites ou moyennes. Ainsi, dans l'Eure et la Seine-Maritime, le record de ventes annuelles a été battu pour la deuxième année consécutive avec là aussi pour effet d'épuiser les stocks. « L'influence des Franciliens et la généralisation du télétravail joue beaucoup sur la dynamique des transactions », confirme Capucine Lesault, notaire dans l'Eure et porte-parole de la Chambre régionale du notariat auprès de la cour d'appel de Rouen.