Sofica : le piège de l'adossement

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Les Sofica, dont les rendements sont globalement faibles, permettent de participer à la création cinématographique.

Parmi les quelques niches fiscales, les Sofica (sociétés d'investissement dans l'industrie cinématographique et audiovisuelle) permettent d'obtenir les réductions d'impôts les plus alléchantes, malgré le coup de rabot appliqué cette année. En effet, l'avantage fiscal reste tout de même de 43% du capital investi, contre 48% auparavant. Même si leur rendement est limité, elles restent donc un bon moyen de diversifier son épargne.

Tous les ans, le Centre National du Cinéma et de l'image animée (CNC) alloue une enveloppe globale (63,07 milliards cette année). Les gérants de Sofica déposent un dossier à Bercy et auprès du CNC. Pour 2011, 12 sociétés de gestion ont reçu l'aval du ministère du budget. Une fois leur dossier visé par l'AMF, elles peuvent se lancer à la recherche de souscripteurs, en lançant un appel public à l'épargne. Les places sont souvent chères (de 4.000 à 18.000 euros la part) et rares.

 

Une fois la phase de souscription achevée, les gérants passent à l'investissement : il s'agit de miser sur les valeurs sûres ou prometteuses. L'analyse porte ici sur le casting, la réputation des producteurs, celle des distributeurs et bien entendu sur les perspectives de retour sur investissement. La Sofica est en effet une entreprise à part entière dont les souscripteurs possèdent des parts. Ce qui compte donc, in fine, c'est de la valoriser. Lorsqu'on la liquide, ce qui ne peut être fait avant 5 ans, les investisseurs récupèrent leur mise, la plupart du temps entre 65 et 100 % du capital investi, ce qui explique le généreux avantage fiscal.

 

Certaines Sofica sont néanmoins soumises au système de l'adossement qui consiste en une entente préalable entre les souscripteurs et les groupes de distribution et de production tels que Pathé, Gaumont, Arte, ou UGC sur le montant qui sera redistribué à l'échéance du produit. Le problème, confie un professionnel, c'est que l'adossement met à l'abri du risque... mais aussi du rendement ! Concrètement, les souscripteurs qui ont investi dans « Bienvenue chez les ch'tis » n'ont pas gagné plus que ceux qui ont misé sur « pieds nus sur les limaces », une autre production qui n'a pas rencontré le même succès.

Depuis 3 ans, pour favoriser aussi le cinéma indépendant, le CNC impose aux Sofica de consacrer au moins 50% de leurs investissements à des investissements non adossés. Chaque opérateur ne peut prétendre toucher plus de 3 millions d'euros de fonds de la part des Sofica (toutes confondues). Pour que vive la culture !
 

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