Edgar Morin : "L'une des tragédies de l'Europe, c'est que les nations sont égocentriques"

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Dans un grand entretien à lire ce lundi dans La Tribune, le sociologue et philosophe français Edgar Morin revient longuement sur la crise grecque et ses conséquences.

La Tribune : l'impuissance à apporter une solution au problème grec n'est-elle pas la démonstration d'une crise des finalités de l'Europe ?

Edgar Morin : La finalité première de l'Europe, c'était d'en finir avec les guerres suicidaires. Face à l'Union soviétique et ses satellites, il fallait créer et sauvegarder un espace de démocratie et de liberté. Donc, l'idée première était fondamentalement politique. Mais la résistance des Etats nationaux à abandonner une parcelle de souveraineté pour créer une entité politique supranationale a bloqué cette évolution. Dans les années 50, les grands courants économiques qui traversaient l'Europe occidentale ont permis de constituer une unité économique qui s'est achevé avec la constitution de l'euro. Mais sans aller au-delà. Nous avons payé cher cette débilité politique, par exemple avec la guerre de Yougoslavie. Et aujourd'hui, dans le cas de la Grèce, on mesure bien l'absence d'une autorité politique légitime. L'Europe est arrivée dans un état d'impuissance. Elle est paralysée par son élargissement et son approfondissement est bloqué par la crise actuelle.

La montée du nationalisme en Europe vous inquiète-t-elle ?

Avant même 2008-2009, il y avait déjà des poussées de nationalisme, certes limités à 10 ou 15% des voix, mais qui représentaient quelque chose de nouveau dans le paysage européen. Là-dessus s'est greffée la crise financière et économique, qui favorise ces tendances xénophobes ou racistes. L'Europe est arrivée à une situation « crisique » puisque pour la première fois, l'hypothèse que l'euro puisse être abandonné par un pays comme la Grèce a été émise, même si cela a été pour la rejeter. L'euro que l'on pensait institué de façon irréversible ne l'est pas. En fait, on ne sait pas très bien vers quoi le monde se dirige. Et, bien qu'il s'agisse d'une situation très différente de celle de 1929 ne serait ce que par le contexte européen, il ne faut pas oublier que c'est dans le pays le plus industrialisé d'Europe, l'Allemagne, qu'Hitler est arrivé légalement au pouvoir en 1933. Je ne veux pas dire que nous sommes condamnés à une troisième guerre mondiale, mais l'aggravation de la crise économique peut avoir des conséquences politiques et sociales extrêmement graves.

Quelle est la nature profonde de la crise que nous traversons ?

Par delà son déclenchement local, aux Etats-Unis, cette crise est liée à l'autonomisation du capitalisme financier, à l'ampleur de la spéculation, au recours de plus en plus important au crédit chez les classes moyennes appauvries, et aux excès d'un crédit incontrôlé. Mais la cause globale est l'absence de régulation du système économique mondial. Le règne du libéralisme économique est fondé sur la croyance que le marché possède en lui des pouvoirs d'autorégulation, et aussi des pouvoirs bénéfiques sur l'ensemble de la vie humaine et sociale. Mais le marché a toujours eu besoin de régulations externes dans le cadre des Etats nationaux. Après la mythologie du communisme salvateur, la mythologie du marché salvateur a produit des ravages, de nature différente, mais tout aussi dangereux.

Une autorité planétaire telle que le G20 apporte-t-elle la réponse ?

Nous sommes dans le paradoxe de la gestation d'une société monde où l'économie et les territoires sont reliés entre eux, mais pour qu'il y ait au-dessus de cela une autorité légitime, il faudrait qu'il y ait le sentiment d'une communauté de destin partagé. Pour des problèmes vitaux comme la biosphère, la prolifération des armes nucléaires ou l'économie, il n'y a pas de véritable régulation mondiale. Ce qui se passe dans l'économie est à l'image des autres débordements, des autres crises du monde. La crise économique n'est pas un phénomène isolé. Elle éclate au moment où nous vivons une crise écologique.

C'est une crise de civilisation ?

C'est une crise des civilisation traditionnelles, mais aussi de la civilisation occidentale. Les civilisations traditionnelles sont attaquées par le développement, la mondialisation et l'occidentalisation, qui sont les trois faces d'une même réalité : le développement détruit leurs solidarités, leurs structures politiques, produit une nouvelle classe moyenne qui s'occidentalise, mais aussi en même temps un gigantesque accroissement de la misère. Le développement à l'occidentale est un standard qui ne tient pas compte des singularités culturelles. Le paradoxe c'est que nous donnons comme modèle aux autres ce qui est en crise chez nous. Partout où règne le bien être matériel, la civilisation apporte un mal être psychologique et moral dont témoignent l'usage des tranquillisants.

L'individualisme n'a pas apporté seulement des autonomies individuelles et un sens de la responsabilité, mais aussi des égoïsmes. La famille traditionnelle, les solidarités de travail, de quartier se désintègrent et la compartimentation de chacun dans son petit cercle lui fait perdre de vue l'ensemble dont il fait partie. Il y a les stress de la vie urbaine, la désertification des campagnes, toutes les dégradation écologiques, la crise de l'agriculture industrialisée. C'est pour cela que j'ai écrit un livre qui s'appelle "politique de civilisation", pour exprimer l'urgence et l'importance des problèmes que les politiques ne traitent pas.

Nicolas Sarkozy a semblé un temps s'en inspirer ...

Il a complètement abandonné cette idée. Quand il l'a lancé aux v?ux du nouvel an 2008, beaucoup de médias ont dit qu'il reprenait mon expression. J'ai été interrogé, j'ai rencontré le président mais on a vite vu que l'on parlait de deux choses différentes. Il pensait à l'identité, aux valeurs, à la Nation, moi à une politique de correction des dégâts du développement économique.

L'Allemagne a pris une position très dure sur la Grèce. Est-elle tentée de faire éclater l'Europe actuelle ?

L'une des tragédies de l'Europe, c'est que les nations sont égocentriques. L'Allemagne a une politique germanocentrique et forte de son poids elle essaie de l'imposer aux autres. La décomposition de l'Europe pourrait être une des conséquences de la crise. Mais pour le moment, ce n'est pas l'hypothèse la plus probable. La relation entre la France et l'Allemagne est toujours solide. Il faudrait arriver à une nouvelle phase de la crise avec une montée des nationalismes.. Les partis néo-nationalistes sont à peu près au même stade que le parti hitlérien avant la crise de 1929 mais cela ne veut pas dire qu'ils ne pourraient pas représenter 30% dans des circonstances catastrophiques. Nous avons vécu dans l'illusion que le progrès était une loi de l'histoire. On se rend compte désormais que l'avenir est surtout incertain et dangereux. Cela crée une angoisse qui pousse les gens à se réfugier dans le passé et à se plonger dans les racines. C'est d'ailleurs un phénomène mondial, pas seulement européen parce que la crise du progrès a frappé toute la planète avec dans de nombreux pays l'idée que l'occidentalisation des m?urs allait leur faire perdre leur identité. Nous vivons une situation planétaire régressive. Le test, c'est qu'est arrivé au pouvoir aux Etats-Unis un homme aux qualités intellectuelles exceptionnelles, un américain qui a une vraie expérience de la planète, un politique qui a montré une maturité extraordinaire - le discours sur le racisme, le discours du Caire -, et voilà que cet homme est aussitôt paralysé comme Gulliver. La seule chose qu'Obama a réussi en partie après un gigantesque effort est la réforme de la sécurité sociale. Mais bien qu'il ait conscience que le conflit israélo-palestinien est un cancer qui ronge la planète, il n'a pas réussi à faire plier Netanyaou. L'Amérique est toujours enlisée en Irak, prisonnière d'une guerre en Afghanistan, le Pakistan est une poudrière. Obama est arrivé au pouvoir trop tard dans un monde qui a mal évolué.

La Chine devient une puissance de plus en plus autonome. Quel rôle lui voyez-vous jouer à l'avenir ?

La Chine est une formidable civilisation, a une énorme population, beaucoup d'intelligence, une possibilité d'avenir exceptionnelle. Mais son développement actuel se fonde sur la sur-exploitation des travailleurs, avec tous les vices conjugués du totalitarisme et du capitalisme. Son taux de croissance fabuleux permet certes l'émergence d'une classe moyenne et d'une classe aisée, mais il ne favorise pas l'ensemble de la population. Il y a une énorme corruption et de puissants déséquilibres potentiellement dangereux pour la stabilité du pays. Le parti communiste chinois n'assoit plus son pouvoir sur un socialisme fantôme, il s'appuie sur le nationalisme. On le voit avec Taiwan, le Tibet. C'est un pays qui a absorbé le maximum de la technique occidentale et qui maintenant réalise d'énormes investissements en Afrique et ailleurs pour assurer ses approvisionnements en pétrole et en matières premières. C'est un pays qui est devenu le premier émetteur de CO2 du monde. Il faudrait trois planètes pour permettre le développement de la Chine au rythme actuel. Cela reste un point d'interrogation pour l'avenir.

Vous venez de ressortir des textes sur Marx. Pourquoi aujourd'hui ?

Je ne suis plus marxiste. J'ai été marxien, meta-maxiste. Marx est une étoile dans une constellation qui compte bien d'autres penseurs. Même quand j'ai été marxiste, j'ai intégré comme dans "L'homme et la mort", Freud et Ferenczi , beaucoup d'auteurs qui étaient maudits par les orthodoxes marxisants. J'ai toujours pensé qu'il fallait unir les différentes sciences, unir science, politique et philosophie. Il faut un savoir non pas complet mais complexe sur les réalités humaines et sociales. Toute ma culture universitaire a été faite dans ce sens là, dans ce que j'appellerai une anthropologie complexe, réunissant les acquis de toutes les connaissances qui permettent de penser l'homme et d'appréhender la réalité humaine. Jamais on n'a su autant de choses sur l'homme et pourtant jamais on n'a aussi peu su ce que signifiait être humain, a dit Heidegger, parce que toutes ces connaissances sont compartimentées et dispersées. Mon esprit transdisciplinaire doit donc quelque chose à Marx.

Mais dans ce livre aussi, je montre toutes les énormes carences qu'il y a dans la pensée de Marx qui ignore la subjectivité, l'intériorité humaine. L'essentiel de l'humain n'est pas d'être un producteur matériel. Il y a aussi toute cette part de mythe, de religion, qui existe même dans la société la plus technique comme les Etats-Unis. Ma vision tente donc de dépasser Marx. Mais ce qui le rend important aujourd'hui, c'est que c'était le penseur de la mondialisation. Celle-ci est une étape de l'ère planétaire qui commence avec la conquête des Amériques et qui se déchaîne au 19ème siècle au moment où écrit Marx. Marx a très bien compris le marché mondial qui conduirait à une culture mondiale. Marx était très ambivalent. Par exemple, il voyait que le capitalisme détruisait les relations de personne à personne.

Il avait vu la montée de l'individualisme anonyme qui déferle aujourd'hui sur nous. Ce que je retiens, c'est Marx, le penseur de l'ère planétaire. Sa grande erreur, prophétique, était de penser que le capitalisme était son propre fossoyeur. Selon lui, en créant un gigantesque prolétariat, il détruirait les classes moyennes et provoquerait la révolution qui mettrait fin à l'exploitation de l'homme par l'homme. Prophétie totalement erronée car les classes moyennes, loin de disparaître, ont tenu comme l'a vu Bernstein. Mais aujourd'hui, Marx reste un bon guide des dérives du capitalisme financier. Ce que n'avait pas prévu Marx, c'était la capacité de métamorphose du capitalisme qui renaît de ses cendres.

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Commentaires
a écrit le 14/05/2012 à 21:32 :
Bonjour,
je suis quelque peu sidéré par les propos que je viens de lire.
Non, la crise grecque n'est pas la conséquence d'un déficit de finalités européennes mais d'une incurie de sa politique intérieure notamment d'une absence de cadastre.
Non, il est impensable que les nations européennes renoncent en quelques décennies à leurs identités propres qui n'ont cessé de se confronter deux millénaires durant.
Non, l'égocentrisme des nations n'est pas un défaut mais une caractéristique, la finalité des nations n'est pas la philanthropie mais la prospérité.
Non, la crise que nous traversons n'est pas la conséquence d'un capitalisme autonome mais d'un excessif recours, par les nations européennes, à l'état-providence et à l'endettement, lesquels seuls auront permis l'autonomisation de la sphère financière.
Non, non et non, l'Allemagne n'est pas "germanocentrique": elle a financé, seule, près de la moitié des 300 milliards injectés dans l'économie grecque, pour se rendre compte, in fine, que c'était à fond perdu.
Non, monsieur Morin, vous affirmez avec une candeur de coryphée voyant passer un ange, que les choses vont de travers uniquement par un défaut de bonne volonté et d'humanisme. Sorry, les choses vont mal par excès d'impréparation et par incompétence.
Elles commenceront d'aller mieux lorsque chacun aura pris conscience de cela. Votre sagesse devrait nous y aider plutôt que de nous entraîner sur de fausses pistes.
a écrit le 09/02/2011 à 7:54 :
Bravo pour cette sagesse et cette clairvoyance ds l'analyse de la crise de civilisation que connait le monde.
a écrit le 06/05/2010 à 0:11 :
Merci Edgar Morin. Fallait-il ajouter qu'une Europe ne pourra jamais se faire avec l'OTAN inscrit dans la constitution europeenne. Cet outil de domination americaine servira son but d'origine: le sacrifice de l'Europe en temps de crise pour sauver l'Amerique. Nous y voila. Le Grèce n'est qu'un arbre qui cache la fôret.
a écrit le 05/05/2010 à 8:46 :
Merci monsieur Morin ne nous aider à y voir plus clair, à élever le débat et nous permettre de grandir dans la réflexion. Restez longtemps ainsi avec votre regard si large, et continuez à publier, s'il vous plait.
a écrit le 03/05/2010 à 20:50 :
Parfaitement d'accord avec les propos de Puisar sur l'inutilité des philosophes d'aujourd'hui pour nous éclairer sur l'économie. Souvenons nous qu'au 20ème siècle, ils étaient marxistes ! Comme visionnaires il y a mieux. Monsieur Morin a d'ailleurs encore de beaux restes de ces errements intellectuels puisqu'il déclare à la fin de son interview que "Marx, ce penseur planétaire (sic) reste un bon guide des dérives du capitalisme financier".
Il serait plus utile pour expliquer l'échec lamentable des anciens pays de l'Est européen.
a écrit le 03/05/2010 à 15:02 :
Une question philo sociologique à l'attention de Mr Morin.
A propos de la cigale et la fourmi, qui est l'egocentrique? Vaste débat!
a écrit le 03/05/2010 à 13:56 :
Les reponses de e .morin sont des reponses comme toujours à coté de la plaque ,parce que les philosophes depuis belles lurettes n'ont plus rien à dire sur rien.Comme "ce machin" à penser qu'est la philosophie est devenue sterile, ils radotent de pseudo solutions sur des problemes vrais, pensant ainsi justifier leur existences,aigris d'avoir à jamais perdu l'aura qu'ils pensaient avoir, aux debuts de la pensée rationnelle qu'ils ont cru avoir fondée ,et mere de toutes sciences et approches fondées sur la raison ,que tout devait en tout temps leur etre assujéti.L'orgueil de ce qu'ils sont veut en imposer à tous dans tous les domaines. Sans etre propres à l'auteur,c'est du redis ,du rechauffé,de l'innapliquable du sans interet,quiconque s'interesse à la politique et à l'économie ne pourra sourciller un seul atome de ses yeux sur un moindre mot ou concept issu de cet interwiev.Quel temps perdu pour ne rien dire quand on à rien à dire sur le sujet.Bien sur la boutade"c'est pas parce que l'on à rien à dire qu'on doit fermer sa gu..."est vrais qu'il faut donner la parole aux impuissants conceptuels.
a écrit le 03/05/2010 à 13:48 :
Lire de l'intelligence ,cela fait vraiment du bien...Merci Mister Morin!
a écrit le 03/05/2010 à 9:28 :
Quelle nouveauté ! Depuis la mort de l'abbé Pierre, la philanthropie n'est plus de ce monde ! Il va falloir s'en passer. Quant à moi, il y a longtemps que j'en ai pris mon parti...
a écrit le 03/05/2010 à 9:02 :
Pour que, au delà des sujets économiques, un minimum de souveraineté puisse être abandonnée par les états pour tendre vers une forme d'union politique, il serait nécessaire que les peuples européens aient le sentiment d'une forme d'identité commune.

Or, la langue est un facteur structurant essentiel de l'identité d'un peuple. La langue reflète le génie d'une civilisation qui a son tour influe sur sa langue. Cette considération peut sembler une évidence basique ; elle n'est cependant jamais évoquée. Les exemples de la Belgique - 2 langues, 2 communautés qui ne parviennent pas à former une nation - et du Canada avec le Québec sont assez éclairants.

Bref, il parait illusoire d'espérer que les pays de l'UE abandonnent une quelconque parcelle de souveraineté politique à un ensemble qui parle 27 langues différentes et qui a donc 27 identités.
a écrit le 03/05/2010 à 8:20 :
rien d'étonnant ! l'Europe n'a pas crée d'harmonie fiscale, il y a du dumping au sein de l'Europe : délocalisatiions vers la roumanie, Pologne ...
seuls les intérêts de certains sont priviligiés par une Europe d'ultra-libéraux !
c'est vrai : chacun pour soi dans une économie mondialisée - on se demande où est l'intérêt des peuples ?
a écrit le 03/05/2010 à 7:41 :
L'Europe est une fiction géo-idéologique. Elle n'existe simplement pas ou plus. En d'autres termes, elle se donne l'illusion d'exister que si elle adopte les règles du jeux libéral. Si non point de salut. ..."Les nations sont égocentriques" parce qu'elles ont pour seul moteur : le profit sans limite. Tout le reste, n'est que très secondaire pour les "nations".
a écrit le 03/05/2010 à 6:35 :
le drame de la planete est aussi cette economie de casino qu'est la bourse, avec ses warrants et autres produits avec lesquels on fait du fric lorsque la bourse baisse, maintenant proposés au grand public.deconnexion totale avec la réalité du monde du travail , de la production industrielle,et de la vrai vie.
a écrit le 03/05/2010 à 5:26 :
La tragedie de mon immeuble c'est que tout les locataires non pas les mêmes habitudes que moi et du coup ils font du bruit quand je dort et même quand je regarde la télé, il sont pas sur la même chaine!
Je plaisante mais c'est l'Europe...
a écrit le 03/05/2010 à 4:16 :
Monsieur Morin est délicieux : qui, mieux que la France, s'est opposé au transfert de souveraineté ? En réalité, aucun pays ne voulait abandonner une once de ce qui lui restait de prérogatives nationales. Le résultat : une Europe sans capacité de décision politique, donc ingouvernable et, à terme plus ou moins éloigné, condamnée à l'éclatement. Et j'en serai ravi, après avoir tant espéré, de manière chimérique, un véritable Etat européen.
a écrit le 03/05/2010 à 4:00 :
Merci à tous les intervenants qui ont eu le don de me faire sourire. Tous font des constats, mais pas un ne propose de solutions. Nous avons mis plusieurs millions d'années pour jeter les règles de la démocratie qui n'étaient finalement compatibles qu'avec une société profondément agricole jusqu'en 1960; et c'est l'ensemble de la population qui a "drécroché" politiquement parce que la technique , et les nouveaux moyens de production, rendaient le rapport à la politique très compliqué, laissant libre cours à l'électoralisme. L'homme de Neanderthal a vécu, et on sent bien que les enjeux et les choix commandent que le Sapiens sapiens n'en ait plus pour longtemps: vive l'homo urbanus, mutation récente du précédent. L'homo urbanus sera celui qui aura passé son permis de voter, c'est dire s'il sera au courant de l'histoire, de la géographie, de la politique, de l'économie; une sorte de super master en sciences humaines. Les autres, continueront à visionner leur télévision, entre le match de foot et les infos débiles du 20.00h, bref un vrai brevet d'imbécillité. Quand vous montez dans un avion, vous exigez que le commandant de bord soit ingénieur, non? Alors pourquoi laisser voter votre concierge? Est-ce elle qui présider aux destinées des énormes, des fabuleux vaisseaux que sont la France, l'Europe, la Chine, l'Inde, ou les U.S.A.
Réponse de le 14/01/2014 à 17:07 :
Effrayant mais juste.
a écrit le 03/05/2010 à 3:50 :
A propos du sentiment européen et des replis nationalistes, ne pas dire "les électeurs ne veulent pas de l'Europe" mais "des électeurs". Quoi de surprenant quand on pense à l'influence des journalistes des "presses de caniveaux" un peu partout et au niveau de leurs argumentaires. On remercie E.Morin de ses rappels historiques et on n'oublie pas d'analyser le passé pour que populisme et la démago soient repoussés.Et que les journalistes fassent le ménage chez eux.
a écrit le 02/05/2010 à 18:30 :
Je me permets d'intervenir à nouveau. Voici ce qu'on peut lire ce soir dans "La Tribune":

"Athènes, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) ont bouclé leur accord samedi soir. Ce dimanche, le premier ministre grec a dévoilé les détails de ce plan d'aide assorti de contreparties draconiennes. Ce plan, également approuvé par les ministres des finances de la zone euro, s'élève à 110 milliards d'euros sur trois ans."

L'Europe n'est peut être pas la panacée, mais elle n'est ni paralysée ni impuissante. Quant à l'égocentrisme de ses membres, il ne les a pas empêché de réagir vite. La prochaine fois, je suggère à MM. Jules et Mabille de poser leurs questions à un économiste plutôt qu'à un philosophe.
a écrit le 02/05/2010 à 16:25 :
Ah làlà! Philosophie et sociologie font mauvais ménage avec économie et géographie. La réalité économique et géographique, c'est que l'Allemagne et les pays d'Europe centrale et orientale forment une zone de coprospérité dont la combinaison des "vertues" sont incompatibles avec celles de pays latins, dont la France. Ne voyez vous pas où mène l'euro et la surcompétitivité allemande? à la tiersmondialisation de l'Europe latine. Revenons à Charlemagne: l'empire d'Orient et l'empire d'Occident. C'était pas mal. Pourquoi vouloir une fusion alors que l'échange est plus riche?
a écrit le 02/05/2010 à 16:01 :
On sait très bien que ce ne sont pas uniquement les nations et les gouvernements qui sont égocentriques. Mais leurs peuples et leurs électeurs n'en veulent pas. fait-il rappeler les referendums français, hollandais et irlandais (et le "non" l'aurait emporté ailleurs aussi, si les polonais, les autrichiens et d'autres avaient pû voter...). Vous écrivez qu'on pas assez abandonné de souveraineté, mais qu'est ce qu'il vous faut ! Il y a peine quelque jour, le Conseil de l'Europe récrimine la France parce qu'elle n'interdit pas la fessée (image déplorable d'une Europe sourde aux problèmes des gens et des populations, insensible au chomage qui gesticule dans le vide), sans parler des fromages au lait crus, du plombier polonais ... Tant qu'on reste dans cette europe technocratique, stalinienne, non démocratique de Bruxelles, ça n'avancera pas. Il aurait fallu dire les nations font ce qu'elles veulent chez elles, et qu'en politique extérieure, avec l'euro, on donne une seule image et un seul message au monde.. On a fait l'inverse.Un exemple, pour entrer en europe, il faut être contre la peine de mort, alors qu'au Etat-Unis, certains états la pratique et d'autres pas. Mais aux yeux du monde, les USA sont une puissance, pas 50 états qui chippote sur des détails de pensée politiquement correcte.
a écrit le 02/05/2010 à 15:49 :
Edgar Morin, prisonnier de sa vision politiquement correcte de l'histoire, ne voit que le prolongement de phénomènes anciens et se révèle totalement incapable de saisir dans son essence le phénomène de la mondialisation, de la concentration du monopole, de la financiarisation de l'économie et de la marchandisation de la société. Dommage, car il a quelquefois des fragments d'analyse pertinents.
a écrit le 02/05/2010 à 15:27 :
A au même moment que celui ou paraît cet article sur Google, un autre dit que les pays Européens se sont mis d'accord pour prêter 100 à 120 Milliars d'Euros sur 3 ans.
Face à l'ampleur et le relative rapidité de réaction de l'Europe, la question posée "La Tribune : L?impuissance à apporter une solution au problème grec n?est-elle pas la démonstration d?une crise des finalités de l?Europe ?"
... est pour le moins inappropriée. faire
a écrit le 02/05/2010 à 15:27 :
Est ce donc ''germanoconcentrique '' de rappeler les principes de bonne gouvernance qui sont dans les ''statuts '' de l'europe.
Un peu moins de sociologie et un tout petit peu plus de rationnel et l'europe serait.
Réponse de le 17/10/2011 à 7:37 :
Je suis d"accord avec votre point de vue.Cela fait 3 .Mais on fait quoi maintenant qu'on a lu Hessel ,Morin et les autres que l'on s'est bien conforté le cerveaux pour partir vers nos occupations. J'ai un concept concret a proposer aux nouvelles generation avec plus de justice plus d'innovation plus de liberté plus de travail pour ouvrir une nouvelle voie vers l'espérence.

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