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La conférence des présidents d'université a consacré son colloque annuel, qui se tenait les 12 et 13 mai à Toulouse, au thème de la licence.
"Historique et fondateur". C'est ainsi qu'a qualifié le colloque annuel de conférence des présidents d'université (CPU), qui se tenait les 12 et 13 mai à Toulouse , Daniel Filâtre, président de la commission Formation et Insertion professionnelle de la CPU. A l'heure où le grand emprunt et les classements internationaux récompensent l'excellence de la recherche, le choix de ce thème n'est pas anodin. "Si nous avons consacré ce colloque à la licence, c'est pour rompre avec le fatalisme et le découragement qui caractérisent le premier cycle", a expliqué en ouverture Anne Fraïsse, vice-présidente de la CPU, citant "le désordre et l'empilement des formations aux statuts différents, l'inadéquation de nombreux bacheliers aux études choisies, l'échec en première année et la difficulté à professionnaliser la licence générale", sans compter l'objectif encore non atteint d'amener 50 % d'une classe d'âge à un diplôme du supérieur. Selon Daniel Filâtre, « réfléchir à la licence est un acte politique majeur" en ce que cela pose la question de l'encadrement, de l'employabilité et des relations avec les autres cursus : "Une approche globale et systémique est nécessaire. Il faut englober dans la réflexion toutes les filières post-bac."
De fait, la moitié seulement des bacheliers généraux s'inscrivent en licence ; cette proportion tombe sous les 20 % pour les bacheliers technologiques. Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, la licence (médecine comprise) n'a recueilli que 29 % des vœux d'inscription dans le supérieur des futurs bacheliers 2011 (procédure Admission post-bac). Les formation sélectives que sont les BTS, IUT et classes préparatoires concentrent, elles, 61 % des vœux... Les BTS et IUT sont de plus en plus préemptés par les bacheliers généraux qui poursuivent ensuite leurs études supérieures, notamment dans des écoles d'ingénieur ou de commerce, dévoyant ainsi complètement la finalité de ces cursus courts (bac + 2) professionnalisant à l'origine destinés aux bacheliers professionnels et technologiques. "Nous avons respectivement 80 % et 50 % de poursuite d'études en IUT et en BTS contre 10 % avant !", s'est emporté Christian Forestier, administrateur général du Cnam. Les bacheliers "techno" et "pro" s'orientent donc vers la licence souvent par défaut. Ce sont eux qui ont le plus de peine à réussir leur cursus. Le défi à relever pour le cycle licence est donc à la fois crucial (seuls les meilleurs percent en master, créant une sélection de fait) et extrêmement difficile tant les difficultés constatées en licences trouvent leur source bien en amont.
Continuum avec le lycée
D'où la volonté des présidents d'université de faire de la licence un "continuum avec le lycée". C'est d'ailleurs le premier grand axe de la déclaration finale du colloque de la CPU qui doit encore être finalisée pas ses instances et soumises au débat dans le cadre de la consultation engagée par la ministre de l'Enseignement supérieur pour son « plan licence 2 » annoncé en décembre dernier. La CPU a ainsi proposé « deux novations » : considérer les question d'orientation comme un continuum bac + 3/bac -3 selon des principes de « lisibilité, fluidité et sécurité", a détaillé le président de la CPU, Louis Vogel. Cela implique de travailler avec les lycées, de contractualiser aussi des schémas régionaux mais surtout de mieux caractériser les parcours , avec plus de passerelles et de souplesse dans l'acquisition des semestres. « Tous les acquis devraient pouvoir être capitalisés et inscrits dans le champ de la formation continue », a proposé Louis Vogel. Les « connaissances et compétences » ont émergé comme point clé, les secondes devant être mieux prises en compte tant dans l'orientation (« bilan de compétence » dès le lycée) qu'au cours du cursus supérieur et lors de l'insertion professionnelle. Mise à part la licence professionnelle, la licence reste en effet un diplôme mal identifié par les employeurs. « 90 % des entreprises françaises ont moins de 10 salariés. Or si ces PME identifient très bien le BTS et le DUT, elles peinent à appréhender ce niveau intermédiaire qu'est la licence, le percevant parfois comme le reflet d'études longues ratées. Cela pose aussi un problème pour définir le salaire », a témoigné Daniel Thébault, président du Medef Midi-Pyrénées.
Favoriser l'employabilité des étudiants, c'est aussi l'un des objectifs du second axe de proposition : demander à la licence le "même niveau d'ambition et d'exigence que pour la recherche". "La pédagogie doit s'inspirer de la recherche. Cela entraîne des conséquences de méthode, de conception des diplômes, de contenu et d'organisation des formations"avec la mise en place d'équipes pédagogiques, a suggéré Louis Vogel. Ce que Daniel Filâtre a qualifié de "révolution pédagogique". Une révolution qui n'est pas sans soulever des questions de personnels et de moyens. Des cours en petits groupes coûtent par exemple bien plus cher que des cours magistraux en amphi... "On ne gagnera pas la révolution pédagogique sans reconnaître les investissements des enseignants-chercheurs", a insisté Daniel Filâtre évoquant leur formation et la valorisation des carrière avec par exemple la création d'une "prime d'excellence pédagogique". Pour Sophie Bejean, présidente de la commission des moyens et des personnels de la CPU, "il faut des moyens très conséquents et de nouvelles règles pour inciter les universités à investir dans la licence". Louis Vogel a à cet égard fortement interpellé Valérie Pécresse, présente lors de la clôture : "Rien ne sera possible si ces ambitions ne sont pas soutenues au plus haut niveau de l'Etat."
Moyens humains et financiers
Pas sûr que les propositions de la CPU se traduisent rapidement en subsides . En présentant la seconde phase de son plan "Réussir en licence" en décembre dernier ("La Tribune" du 20 décembre 2010), Valérie Pécresse avait rappelé les 730 millions d'euros alloués sur 2007-2012 et les 444 millions d'euros investis par les universités pour "amplifier" ce plan (bien que l'Unef, première organisation étudiante, épingle régulièrement le manque d'implication des universités dans ce plan). En période de restrictions budgétaires, et alors que l'enseignement supérieur et la recherche bénéficient déjà d'un traitement de faveur (pas de suppressions de postes, + 9 milliards d'euros de budget annoncés pour le quinquennat...), on voit mal le gouvernement consentir une rallonge. Pourtant, les écarts de dépenses publiques restent grands entre un étudiant en licence (8.000 euros par an) et un étudiant en BTS (14.000 euros) ou en classe préparatoire (15.000 euros). Dans son discours de clôture vendredi à Toulouse, Valérie Pécresse a précisé les contours de son plan Réussir en licence 2 (ouverture sur la recherche, 1ère année fondamentale, 2ème année de professionnalisation et 3ème année de spécialisation, diversification des parcours, seuil minimal horaire, groupes plus petits, plus de contrôle continu, développement des stages....) sans annoncer de millions supplémentaires. Comment lier démocratisation de l'enseignement supérieur et réussite pour tous, ce sera certainement l'un des défis du prochain chef de l'Etat... mais aussi des nombreux nouveaux présidents d'université qui doivent être élus eux aussi au printemps 2012. En attendant, doit être réécrit l'arrêté de 2002 pour fixer la nouvelle architecture de la licence. Une tâche qui s'annonce déjà difficile.
parismicha a écrit le 16/05/2011 à 09:52 :
Pour avoir un mari prof de fac en biologie je peux vous dire qu'il y a des grosses lacunes dans le parcours de nombre d'étudiants qui ne sont pas au niveau. Leur orthographe est pour l'ensemble catastrophique avec des erreurs même de phonétique, certains ignoraient ce qu'était un merle ou pensaient que le bisons étaient une espèce préhistorique disparue depuis longtemps. Outre ceux qui ne sont pas manifestement au niveau de ce type d'étude, il y a ceux que l'on voit juste le jour de l'exam pour ne pas perdre les bourses. Ils signent, restent les quelques minutes minimum et ressortent. Ils rentrent aussi dans les chiffres des échecs mais ne sont là que pour les allocs (bourses, appart, sécu...). On retrouve à la fac des très bons comms les pires étudiants qui n'auraient jamais été pris dans un parcours BTS ou IUT ou s'y sont vu refusés. Quand à la formation professionnelle des facs pour avoir fait des études en droit jusqu'à la thèse je peux vous dire qu'avec la licence on a quelques connaissances mais que côté pratique dans le juridique tout reste à faire, on est des débutants à former.
dul a écrit le 15/05/2011 à 20:09 :
Le problème de la licence et de l'université en général c'est le bac. Le bac qu'on a voulu donné au plus grand nombre et pour s'inscrire en licence il faut juste avoir le bac. Sur ce point là, on peut être heureux que la licence filtre les élèves qui n'ont pas le niveau. En revanche je rejoint l'idée que les filières universitaires non professionnalisant doivent être plus transparentes auprès des employeurs et cela passe par une politique de communication (à l'instar des Grandes Ecoles) qui n'existe pas aujourd'hui
Etienne33 a écrit le 15/05/2011 à 17:59 :
La fac n'est pas trop dure, se sont les étudiants qui n'ont ni le niveau, ni la motivation. La 1ère année c'est pas difficile de la réussir, il suffit de travailler et donc d'avoir la sagesse d'esprit de le faire. La seconde est difficile, mais la encore avec de la persévérance on peut y arriver. Les gens qui ne réussissent pas en licence, c'est qu'ils ne veulent pas se donner les moyens. Pour réussir il faut aller en cours et aux Td, et de toute façon, quoi qu'on fasse le taux de réussite sera toujours le même, la fac impose sa sélection, si elle ne le fait pas, elle cours à sa perte.
tic et tac a écrit le 15/05/2011 à 15:54 :
Oui, en France on dévalorise trop les filières "techniques". Et pourtant elles offrent de véritables perspectives et de débouchés! Chancun doit trouver sa place dans la société et ce n'est pas un échec de se trouver dans des métiers dits "manuels" et non pas dans d'autres métiers dits "intellectuels". A quoi bon se priver longtemps d'un salaire avec cinq années d'études quand certaines filières courtes sont plus concrètes et professionalisantes. Si on doit décaler l'âge de départ à la retraite alors mieux vaut optimiser son choix d'études en amont! Mais pour cela il faut que l'Etat sache orienter les jeunes et faire de la publicité pour les filières méconnues mais prometteuses. Car ce ne sont souvent que les fils de profs qui détiennent le privilège de connaitre les bons tuyaux: d'où aussi leur plus grande réussite!
vieux prof a écrit le 15/05/2011 à 12:27 :
Dans mon université Parisienne, en Sciences, moins de la moitié des étudiants viennent passer leurs examens en fin d?année, et remettent leurs comptes-rendus de travaux pratiques?, moins du tiers assistent aux travaux dirigés en fin d?année? Le taux d?échec n?est pas étonnant ! Pour de multiples raisons, la plupart de ces jeunes n?ont aucune motivation, et tous les essais (amélioration de travaux pratiques, groupes d?exercices de rattrapages ou de remise à niveau sous différentes appellations, mise en ligne multimédia de certains enseignement?) n?y font rien. C?est un gâchis fantastique de moyens. Le problème de ces étudiants remonte sans doute à l?adolescence, au moment où autrefois on faisait des projets d?avenir et des projets professionnels. A cette période l?ambiance familiale et quelques Professeurs qui servent de modèles ont une importance fondamentale. Mais par ailleurs, faut-il vraiment que 50% d?une classe d?âge obtienne un diplôme « du supérieur » ? En fin de licence ce diplôme ne garantit que rarement de véritable savoir-faire, puisqu?en licence sont surtout enseignées « les bases » en vue d?une continuation vers masters et doctorats. En effet, les programmes y sont définis par des Professeurs dont la formation, les préoccupations intellectuelles et les promotions sont tournés vers la Recherche Scientifique, avec un minimum d?influence des employeurs éventuels. Pas étonnant que la plupart des jeunes qui le peuvent choisissent des filières sélectives et clairement présentées comme professionnalisantes.. Pratiquement dans le monde entier on n?accède aux Universités que par un examen ou un concours très difficile, le nombre de places est fixé en fonction des besoins et des débouchés prévisibles. L?objectif de l?Enseignement Supérieur y est clair : préparer à la Recherche et à l?Enseignement de très haut niveau. En France, on s?y préoccupe aujourd?hui beaucoup plus de quantité et on préfère évacuer les préoccupations d?objectif professionnel et de débouchés. En ce même temps notre pays manque de techniciens, infirmières, mécaniciens, couvreurs, chauffagistes etc. alors que des Docteurs en Biologie mendient parfois un poste de laborantin.
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Pour avoir un mari prof de fac en biologie je peux vous dire qu'il y a des grosses lacunes dans le parcours de nombre d'étudiants qui ne sont pas au niveau. Leur orthographe est pour l'ensemble catastrophique avec des erreurs même de phonétique, certains...
par parismicha le 16/05/2011 à 09:52
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