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La BCE, inquiète pour la croissance, renoue avec un taux directeur à 1%

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La banque centrale européenne a abaissé d'un quart de point son principal taux directeur, le taux de refinancement, pour le porter à 1%. Son président Mario Draghi a de nouveau appelé les Etats à rétablir la confiance avec les marchés. La BCE va lancer deux opérations de prêt sur 36 mois en faveur des banques, à taux fixe et montant illimité, pour améliorer leur accès aux liquidités.

La zone euro renoue avec son taux directeur le plus faible : 1%. A quelques heures du coup d'envoi d'un nouveau sommet européen pour tenter de mettre un terme à la crise de la dette en zone euro qui sévit depuis de longs mois maintenant et s'est étendue à certains pays coeur, les sages de la banque centrale européenne (BCE) ont en effet décidé d'un nouveau coup de pouce à l'économie, via un nouvel assoupliment de leur politique monétaire.

La BCE a en effet annoncé la baisse d'un quart de point de son principal taux directeur, le taux de refinancement. Celui-ci retrouve donc son plus faible niveau historique, le seuil de 1%. En vigueur pour la première fois à compter du mois de mai 2009, celui-ci avait été abandonné en avril cette année dans l'espoir d'une amélioration de la situation. La BCE avait une première fois remonté ses taux le 7 avril, puis le 7 juillet, ramenant ainsi le taux de refi à 1,5%. En seulement un mois à la tête de la BCE, Mario Draghi aura donc réduit à néant les deux hausses décidées sous la présidence de Jean-Claude Trichet.

Dans le même temps, le taux des dépôts au jour le jour, celui auquel les banques peuvent placer de l'argent pour 24 heures auprès de la banque centrale, et le taux de prêt marginal au jour le jour ont également été abaissés d'un quart de point, pour revenir respectivement à 0,25 % et  1,75%.

Prévisions de croissance en baisse

Selon les nouvelles projections des équipes de la banque, l'activité économique au sein de la zone euro pourrait se contracter en 2012. L'activité au sein de la zone euro pourrait au pire se contracter de 0,4% et au mieux progressser de 1% l'année prochaine, contre une fourchette de prévisions de 0,4% à 2,2% il y a trois mois. Draghi avait prévenu le mois dernier que la zone euro pourrait connaître une récession "modérée" à la fin de cette année.

Les prévisions de croissance pour 2011 ont aussi été revues en baisse, dans une fourchette de 1,5% à 1,7% contre 1,4% à 1,8% précédemment.

Appel aux dirigeants européens : "faites votre maximum"

La BCE va lancer deux opérations de prêt sur 36 mois en faveur des banques, à taux fixe et montant illimité, pour améliorer leur accès aux liquidités et donc assurer le bon fonctionnement de l'économie en zone euro. L'institution monétaire de Francfort va en outre élargir le spectre des garanties exigées en échange de ses prêts, afin de permettre aux banques les plus en difficulté d'accéder à ses financements, a annoncé Mario Draghi.

Mario Draghi a en outre appelé les dirigeants de l'Union européenne, réunis à partir de la soirée à Bruxelles, à "faire leur maximum" en terme de réformes pour ramener la confiance envers la zone euro.

Il a également réclamé que le fonds de secours (FESF) soit opérationnel le plus vite possible, et a exclu la possibilité d'intervenir davantage sur le marché de la dette publique comme le réclament certains Etats, notamment la France, soulignant une nouvelle fois que les achats qu'effectue déjà la BCE sont "limités" et "temporaires".

En clair, Mario Draghi a douché les espoirs d'une intervention massive de son institution face à la crise, répétant à plusieurs reprises que la BCE agirait dans le cadre des traités européens, et donc de la mission qui lui incombe. Mario Draghi s'ailleurs dit "surpris de l'interprétation de (ses) propos" après un discours devant le parlement européen la semaine dernière. Certains médias et économistes avaient alors affirmé que Mario Draghi serait disposé à intervenir massivement en soutien des Etats, une fois mises en place les réformes institutionnelles.

Loin de nourrir ces espoirs, le président de la BCE a dit qu'en matière de soutien aux pays en détresse, sa "préférence allait au FESF et au MES", soit au mécanisme déjà mis en place et à celui qui doit le relayer. Mario Draghi les a jugés "parfaitement équipés" pour faire face à la crise de la dette.

Participation financière au FMI : "légalement très compliquée"

Quant à un concours financier de la BCE au FMI pour aider les pays en difficulté de la zone euro, tel qu'évoqué depuis quelques semaines, le président de la banque centrale a estimé qu'il serait "légalement très compliqué" puisque la BCE n'est pas membre du Fonds. "Il faut garder à l'esprit le respect de l'esprit des traités" européens, qui interdisent tout financement des Etats par la BCE , a-t-il ajouté. 

De son côté, la Banque d'Angleterre a maintenu inchangé son taux directeur, à 0,5%.

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Commentaires

logique  a écrit le 09/12/2011 à 10:48 :

la BCE prête aux banques à 1% et l'état français se finance via les banques entre 2 et 3%.
conclusions notre dette augmente plus vite qu'elle ne devrait!
surtout que le comble c'est que les états dont la france empruntent aux banques pour financer la BCE !!! la boucle est bouclée.
résultats: comme le dernier match de lyon: banques 7 états 1 !!!

Machiavelli  a écrit le 09/12/2011 à 6:03 :

Le transfert de capitaux permanent des pays du sud vers les pays d'Europe centrale, par le biais des excédents et déficits commerciaux nous conduit vers un néo-colonialisme insidieux. Nous nous dirigeons vers une Union Européenne avec des républiques bananières (Le terme de république bananière désigne à l'origine un pays peu développé, dont l'industrie repose typiquement sur la seule production de bananes, et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire) autour d'une zone hautement industrialisée.
Si nous voulons éviter les troubles et révoltes que cela devra forcement provoquer il nous faudra changer ces règles de sorte à ce que les économies faibles des pays périphériques soient protégées face aux économies plus performantes avantagées par les règles actuelles par le biais du libre échange. Surtout l'économie allemande mais aussi en moindre mesure française sont les profiteurs de ces régles. L'entente franco-allemande, qui au départ devait aboutir à une Europe plus pacifique que dans le passé est sur le point de devenir un instrument d'oppression et d'exploitation des pays plus faibles.

Britannicus  a écrit le 08/12/2011 à 21:31 :

Encore un brave moine-soldat qui ne veut pas d'inflation. Le problème c'est que personne n'en veut, mais que c'est notre dernière solution pour éviter le chaos de la récession, voire celui de la sortie non coordonnée de l'euro. Comme s'il valait mieux sauver l'euro que les européens.

getout  a écrit le 08/12/2011 à 21:25 :

Il faut sortir de l'?
http://www.youtube.com/watch?v=Sn4izrORf5A

johnboy  a écrit le 08/12/2011 à 19:37 :

Tout ça c'est la faute des français...Comme d'hab....pourquoi vous ne sortez pas de l'euro si vous êtes mécontents????

stupide  a écrit le 08/12/2011 à 17:29 :

Depuis 2001 et notamment 2008 on soigne le mal par le mal!! et que font les politiques pour assainir rien, le précipice est à 1 mm

Sophie  a écrit le 08/12/2011 à 16:42 :

On pourrait quand même émettre quelques Eurobond à destination des particuliers puisque certains semblent désireux d'en acheter. On verrait là qui est vraiment pour !

MUDA83  a écrit le 08/12/2011 à 15:58 :

Mais d' ou sort les capitaux prétés par la BCE ? comment se finance t-elle ? ou utilIise t-elle la planche à billets ?

Alrix  a répondu le 08/12/2011 à 16:22:

La dernière solution est la bonne. Elle crée de la monnaie ex nihilo comme les autres banquiers centraux. Gare à la future vague d'inflation !

Sub  a répondu le 08/12/2011 à 17:11:

Mais en contrepartie elle "stérilise" un montant a peu près équivalent sur les dépôts au jour le jour des banques privées (qui sont les seules à pouvoir créer de la monnaie en zone Euro si j'ai bien compris). Ce que ne font pas les autres banques centrales. Bon il y a surement un peu de création monétaire mais c'est assez marginal (et c'est sans doute pourquoi l'Euro ne baisse pas beaucoup).

bulldozer  a écrit le 08/12/2011 à 14:59 :

Pendant que la BCE baisse son taux directeur les Banques en profitent pour
prendre des marges Honteuses supérieures à 3% , comment relancer la coissance
si les intérmédiaires veulent se gaver Pourquoi les citoyens ne pourraient pas acceder directement à la BCE par des guichets directs qu'elle rémunérerait avec des marges RAISONNABLES entre 0,5% e1% Maxi

libertad46  a répondu le 08/12/2011 à 15:14:

C'était le cas avec la Banque de France il y a ....50 ans!
Mais depuis il y a Sarkozy et Morgan sachs !!!

hok  a répondu le 08/12/2011 à 15:16:

Ce ne sont pas les banques qui ont voté les budgets en déficit. "Un crédit vous engage", tu connais la ritournelle non ?

vido  a répondu le 08/12/2011 à 16:12:

A coté de la plaque Hok. La vrai question est justement de savoir pourquoi les Etats (mais aussi les entreprises et les particuliers) sont obligés de payer des commissions auprès d'intermédiaires financiers qui se goinfrent. Exemple: la BCE prête aux banques à 1% et ces banques exigent 5% de taux d'intérêt pour prêter aux Etats. Oui ils faut lutter contre les déficits mais la tâche serait sacrément plus facile si les taux d'intérêts baissaient.

chris  a répondu le 08/12/2011 à 20:06:

En même temps le citoyen emprunte pour acheter son logement qu`il sempressera de revendra 20% plus cher 2 ans plus tard alors au final y`en a toujours un pour s`enrichir sur l`autre.

louis  a répondu le 09/12/2011 à 6:18:

Ceux qui empruntent aujourd'hui ne sont pas forcément certains de faire une plus value, rien ne dit que les prix ne baisseront pas (c'est le cas dans pas mal de coin en France hors Paris). En tout cas ça ne règle pas le problème: pourquoi une entité publique (la BCE) passe par un intermédiaire privé (les banques) pour financer des entités publiques (les Etats)? C'est un peu comme si l'Etat confiait à des entreprises privées le soin de collecter l?impôt sur le revenu en leur laissant des commissions sur les sommes collectées.

béto  a écrit le 08/12/2011 à 14:07 :

Chouette il n'y a plus d'inflation en Europe.On vous l'avez bien dit la banque centrale est in dé pen dante.

candide  a écrit le 08/12/2011 à 13:57 :

On aide encore les banques. Les peuples c'est pour quand ??