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Les Bourses européennes s'enfoncent dans le rouge après la BCE

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Alors que s'ouvre ce soir le deuxième sommet européen tant attendu et crucial pour l'avenir de la zone euro, les indices européens se sont enfoncés dans le rouge après les annonces de la BCE. Les investisseurs ont été refroidis par les propos de son président Mario Draghi.

La fin de semaine s'annonce riche en émotions pour les bourses européennes. Ce soir débutera le deuxième sommet européen tant attendu par la communauté financière et crucial pour l'avenir de la zone euro. Après l'échec de l'accord conclu entre les états membres de l'UE le 26 octobre dernier, les investisseurs devraient suivre de très près l'avancée des discussions entre aujourd'hui et demain. En attendant, les investisseurs ont froidement accueilli les annonces de la BCE, qui comme prévu a baissé ses taux directeurs de 25 points de base pour les ramener à 1%, tout en campant sur ses positions en matière de rachats de dettes souveraines. Dans ce contexte, les marchés d'actions se sont enfoncés dans le rouge après avoir démarré la journée dans le vert. A la clôture, l'indice CAC 40 a abandonné 2,53% à 3.095,49 points. Dans le même temps,  le DAX francfortois a lâché  1,85%, le Footsie 100 londonien 0,78%,  le Ftse Mib milanais 4,08% et l'Ibex 35 de Madrid 2,1%.

Sur le front monétaire, la BCE a, sans surprise, baissé ses taux directeurs de 25 points de base pour les ramener à 1%, tout en prévoyant des opérations de refinancement à 36 mois, le 21 décembre, qui remplaceront l'opération à 12 mois initialement prévue. La BCE satisfera à toutes les demandes lors des deux adjudications à trois ans prévues, avec une option de remboursement anticipé au bout d'un an, a déclaré son président Mario Draghi. Pour autant, les investisseurs semblent avoir été échaudés à la fois par le refus de la BCE  "d'intervenir davantage sur le marché de la dette publique comme le réclament certains Etats" et par l'évocation d'une possible entrée en récession de la zone euro en 2012.

Ces déclarations interviennent avant le sommet européen qui, de l'avis des équipes d'Aurel-BCG "s'annonce compliqué". Selon eux, "les modifications du traité de Lisbonne, réclamées par l'Allemagne et la France, ne font pas l'unanimité. La Grande-Bretagne s'opposerait notamment à certains changements. Le Premier ministre David Cameron a menacé de « ne pas signer » de nouveau traité s'il n'obtient pas des concessions dans « le domaine des services financiers dans lequel notre pays a un énorme intérêt ». Rappelons que le changement des traités impose un vote à l'unanimité !" notent les équipes d'Aurel-BGC. Et d'ajouter : "Dans le détail, l'objectif franco-allemand est de graver dans le marbre du traité des « règles d'or » sur l'équilibre budgétaire, avec le contrôle de la Cour européenne de justice, de rendre les sanctions financières quasi-automatiques contre les Etats laxistes et de pouvoir placer sous tutelle européenne les pays de la zone euro bénéficiant d'une aide financière extérieure".

Parmi les autres annonces attendues, figure celle du Mécanisme Européen de Stabilité qui viendrait en appui du FESF dont la capacité opérationnelle est aujourd'hui insuffisante. Selon Aurel-BGC "la capacité de prêts de 500 milliards d'euros du MES viendrait s'ajouter aux 250 milliards d'euros actuellement encore disponibles au sein du FESF."

Par ailleurs, l'Autorité bancaire européenne a évalué à 114,7 milliards d'euros  les besoins en recapitalisation des banques européennes qui avaient été estimés à 106 milliards d'euros lors de la précédente estimation. 

Du côté des valeurs, Alstom signe la plus forte baisse (-7,65%) après une dégradation de recommandation de la part de Crédit Suisse. Non loin derrière, Peugeot (-7,26%) a également subi une nette révision à la baisse d'objectif de cours de 26 à 17 euros de la part d'Exane-BNP Paribas. Tout comme Veolia Environnement (-6,45%), qui a fait les frais d'un abaissement de recommandation de Deutsche Bank.

Sur le compartiment financier BNP Paribas a lâché 5,7%, Société Générale 4,5%, et Crédit Agricole 4,34%. 

Parmi les trois seules valeurs du jour  en hausse, les profils défensifs ont tiré leur épingle du jeu à l'image de Safran (+1,4%), Pernod-Ricard (+0,37%) et Essilor International (+0,15%)

Sur le front des devises, l'euro a cédé du terrain face au billet vert et cotait sous 1,34 dollar à la clôture des marchés d'actions. Du côté des cours de l'or noir, le baril de Brent cotait 108,02 dollars (-1,35%)  tandis que le WTI s'échangeait sous les 100 dollars et perdait 2,12%.

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Commentaires

benalex  a écrit le 08/12/2011 à 20:26 :

Les spéculateurs ont été refroidis par l'annonce de la BCE alors que celle-ci annonce une baisse de son taux directeur ---- QUELLE BLAGUE !!!!
ce sont des criminels en col blanc qui spéculent à la baisse et toutes les raisons sont bonnes à saisir pour vendre leur portefeuille puisque celui-ci avait pris quelques % en quelques jours.
Maintenant ils vont racheter moins cher et ainsi de suite indéfiniment !!!
Vivement la fin de l'année pour recevoir leur MAXI BONUS !!!!

La crise financière...?  a écrit le 08/12/2011 à 18:53 :

Me font rire, les technocrates, européens de tout genre exigent de la RIGUEUR, alors que c'est un trouble de civilisation : la chine socialiste (rouge !!!) remplit les caisses de l'occident libéral :-))) Même Poutine doit en rire ! Les princes arabes rachètent les équipes de foot français, allemand, anglais ! ... On est en train de tout freiner depuis des années. Ce qui se passe ici, c'est la destruction des économies européennes, car pas de projet réel. On oublie, que l'euro n'est qu'un moyen pour un objectif absent et dirigé par un chef charismatique invisible et protégé par une armée US et parfois un caléidoscope EU sans armes, une justice avec des valeurs qui s'applique dans les prisons ou coulisses. Un exemple, (parce que les prisons, on en parle un peu) les armées, la police ou le système juridique européennes sont en train de payer les réductions de budgets au maximum... et ce depuis des années... Le problème c'est que ce sont ses structures qui identifient les pays à l'étranger ou même à l'intérieur du pays. Donc, c'est le vide qui se prépare dans l'année qui suit. Or, c'est aussi ces structures qui personnalise et qui sont un grand créateur d'emploi, la FN, les casernes dans les régions, les créations d'uniformes, les armes, les avions en France, les munitions qui manquent ou coûtent cher, le manque de recrues, l'impossibilité de maintenir un quota normal par manque de moyen...En justice, les greffiers manquent, les lois explosent partout, les polices manquent de moyens et doivent mettre des priorités. Or partout dans le monde ; réarmement, population en déplacement, et en souffrance. On assiste à une répétition de 40 45, cela bouleverse la place européenne, et même américaine. L'Europe pense redorer son blason en gonflant l'euro économique, mais il s'agit ni de social, ni de construction politique d'un regroupement humain de taille d'un continent, et personne n'identifie l'Europe, personne ne vote pour elle de manière claire , on y envoi les croulants de service, c'est le home de luxe, pour les politiques qui ne veulent pas descendre dans l'arène. Donc, on assiste à un vide européen, qui protège les finances des plus riches, avec des bons sentiments pour les pauvres extérieurs qui y affluent. Et, le fameux printemps du moyen orient ne présente rien de clair, ni présage rien de calme ! Une europe ouverte à tout vent, sans tête de dirigeant ,où l?extrême droite regonfle partout, où la "démocratie" (j'ai pas voté pour eux) européenne est dirigée par deux pays frères ennemis....Une capitale qui ressemble à Jérusalem, des régions riches veulent retourner au moyen âge... La crise sociale et politique arrive !!!

Gilles  a écrit le 08/12/2011 à 14:36 :

Tous ceux qui occupent de beaux postes (technocrates, commissaires, députés européens etc.) commencent à trembler pour leur avenir. Pendant des années, ils n'ont pas levé le petit doigt. Ils ont laissé entrer le loup dans la bergerie et maintenant ils tremblent. A juste titre.