En tournant le dos au modèle Chavez, le Venezuela met en difficulté 40 groupes américains

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La nouvelle plateforme pour les opérations de change, baptisée système de change marginal ou Simadi, s'ajoutera au mécanisme actuel, en fournissant un cadre légal pour les transactions en devises sur la base d'une libre confrontation de l'offre et de la demande, a expliqué le ministre des Finances.
La nouvelle plateforme pour les opérations de change, baptisée "système de change marginal" ou Simadi, s'ajoutera au mécanisme actuel, en fournissant un cadre légal pour les transactions en devises sur la base d'une libre confrontation de l'offre et de la demande, a expliqué le ministre des Finances. (Crédits : Reuters)
Pour préserver ses réserves de change affectées par la chute des prix du pétrole, Caracas a annoncé mardi une libéralisation partielle du système actuel de fourniture de dollars contre bolivars. Mais la réforme risque de faire nettement chuter de la monnaie nationale.

Le Venezuela fait un petit pas en direction de l'économie de marché. Confronté à la baisse de ses rentrées en dollar à cause de l'effondrement des cours du pétrole, le pays a annoncé mardi une libéralisation partielle de son régime de change, en tournant ainsi le dos au modèle de l'économie administrée mis en place par l'ancien président socialiste Hugo Chavez, un modèle aujourd'hui miné par les pénuries, les difficultés d'approvisionnement et la récession.

La réforme devrait permettre à Caracas de préserver ses réserves de change et d'honorer ainsi, au moins dans l'immédiat, ses échéances vis-à-vis de ses créanciers internationaux. Le ministre des Finances Rodolfo Marco a ainsi affirmé que le pays disposait des fonds nécessaires pour faire face aux échéances du mois prochain, parmi lesquelles figure une émission "Global 2015" de 1 milliard d'euros arrivant à terme le 16 mars.

L'annonce a permis aux emprunts vénézuéliens, qui se négociaient à des prix sacrifiés en raison des craintes de défaut, de rebondir mardi 10 février sur toutes les échéances.

Un système jusqu'à présent complexe et figé

Le système actuel de contrôle des changes prévoit la fourniture de dollars sur la base de trois taux de change différents: un premier, destiné aux achats de denrées alimentaires et de médicaments ou de fournitures pour le secteur de la santé, à 6,3 bolivars; et deux autres, à 12 bolivars et 52 bolivars, pour diverses catégories de biens dans le cadre de régimes baptisés respectivement Sicad I et Sicad II.

Ce système complexe est considéré par les investisseurs comme l'un des principaux obstacles à un retour du pays à la croissance. Le dollar s'échange d'ailleurs à près de 190 bolivars sur le marché noir, selon le site largement utilisé DolarToday.com.

Une forte dépréciation du bolivar en vue

La nouvelle plateforme pour les opérations de change, baptisée "système de change marginal" ou Simadi, s'ajoutera au mécanisme actuel, en fournissant un cadre légal pour les transactions en devises sur la base d'une libre confrontation de l'offre et de la demande, a expliqué le ministre des Finances.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec le gouverneur de la banque centrale Nelson Merentes, le ministre des Finances Rodolfo Marco a précisé que des allocations en dollars continueront d'être effectuées périodiquement dans la cadre du régime Sicad I pour des secteurs spécifiques de l'économie, au taux de 12 bolivars pour 1 dollar pour le moment, et que le nouveau marché Simadi remplacera le régime Sicad II.

Les entreprises américaines exposées

Rodolpho Marco n'a pas précisé quel serait le taux pratiqué à l'ouverture de la nouvelle plateforme, prévue dans les prochains jours. La réforme risque toutefois de se traduire par une forte dépréciation du bolivar, avec le danger d'alimenter une inflation déjà galopante.

Selon des courtiers consultés par Reuters, le cours d'ouverture pourrait notamment se situer autour de 120 bolivars pour 1 dollar: sensiblement au-dessus des cours du marché noir, mais plus de deux fois en dessous du taux fixe le moins avantageux.

Une telle chute du bolivar exposerait à d'importantes pertes de change les entreprises étrangères actives au Venezuela. Au moins 40 grandes entreprises américaines, dont General Motors, Procter & Gamble ou le laboratoire pharmaceutique Merck & Co, détiennent aujourd'hui l'équivalent de 11 milliards de dollars d'actifs libellés en bolivars.

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Commentaires
a écrit le 11/02/2015 à 15:04 :
Il ne tourne pas le dos au modèle de Chavez, il arrive simplement à sa conclusion logique. Souhaitons qu'elle ne se fasse pas dans la violence et le sang.
a écrit le 11/02/2015 à 14:38 :
C´est ce qui attend la Grece a plus ou moins breve echeance, apres qu´elle soit retournee au Drachme (ce qui arrivera aussi assez vite quoi que l´on fasse). De maniere plus generale, je pense qu´il y a beaucoup d´analogie entre le regime rouge de Venezuela et le regime trockyste d´Athenes. La banqueroute en final pour les deux.
Réponse de le 11/02/2015 à 17:22 :
Sans etre un amateur de Syriza, il faut bien reconnaitre que c est l UMP et le PS local (ND et PASOK) qui ont mit la grece en faillite. Clientelisme et corruption sont les 2 mamelles de la politique, que ca soit en grece comme en france. d ailleurs apres les JO d athenes, il parait qu on veut avoir les JO a paris ... la gabegie se poursuit !!!
Réponse de le 12/02/2015 à 16:46 :
Rappelons que cette "banqueroute" est du à l'opposition du pays qui détiens plus de 60% de l'économie

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