Grèce : l'Eurogroupe débloque 35,5 milliards d'euros

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Les 130 milliards d'euros d'aide prévus dans le cadre d'un second plan d'aide devraient pouvoir être versés à la Grèce. C'est ce qu'a confirmé ce vendredi Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, après la réussite de l'opération de restructuration de la dette grecque annoncée par Athènes dans la matinée. Une première tranche de 35,5 milliards a déjà été débloquée par les ministres des Finances européens.

Pour l'Eurogroupe, la décision est prise. Les grecs devraient recevoir l'aide internationale prévue dans le cadre d'un second plan de secours. Une première aide de 35,5 milliards de dollars a été débloquée par les ministres de Finances européens, a expliqué l'Allemand Wolfgang Schäuble. Selon Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe les "conditions sont réunies" pour que les membres de la zone euro donnent leur approbation finale au versement du volet public de ce plan d'aide. Quant à Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen a commenté ce vendredi sur son compte twitter : "le tournant dans la crise est atteint. Nous allons vers une mer plus calme", 

L'opération de restructuration de la dette d'Athènes par les créanciers privés "va contribuer de manière importante à améliorer la soutenabilité de la dette grecque", a ajouté le président de l'Eurogroupe dans un communiqué transmis à l'issue d'une téléconférence avec les ministres de la zone euro. Cette opération, qui se terminait jeudi à 21 heures, heure française, s'est soldée par un succès puisque 83,5%  de l'ensemble de ses créanciers privés ont accepté d'échanger leurs titres. Le pays avait indiqué qu'en dessous de 75% de créanciers privés, il serait en situation de défaut. Ce plan de restructuration doit permettre de réduire à 120,5% du PIB la dette du pays d'ici 2020, contre 160% actuellement. Dans son communiqué, Jean-Claude Juncker confirme que "la Grèce va activer les clauses d'action collective", ce qui lui permettra de contraindre les détenteurs récalcitrants d'obligations de droit grec à procéder à l'échange.

Validation de la Troïka

Jean-Claude Juncker a également salué l'évaluation positive, par la "Troïka", (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et zone euro), de ce plan d'effacement de la dette privée grecque.
"L'Eurogroupe considère que les conditions nécessaires sont en place pour lancer les procédures nationales requises en vue de l'approbation finale de la contribution de la zone euro au financement du second plan d'ajustement grec", conclut le président des ministres des Finances européens.

Ce dernier appelle par ailleurs le Fonds monétaire international (FMI) à apporter une "contribution importante" à cette aide de 130 milliards d'euros au total. Le conseil d'administration de l'institution de Washington doit se réunir le 15 mars pour décider d'un nouveau prêt à Athènes.

Silence du FMI sur le prêt

Dans sa réponse de la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde s'est montrée moins diserte. Sil elle a salué la restructuration de la dette de la Grèce, elle n'a rien dit du prêt que pourrait consentir son organisation.

"Nous saluons la coopération du secteur privé qui a participé à l'offre d'échange de dette des autorités grecques", a affirmé Christine Lagarde dans un communiqué. Selon elle, "c'est une étape important qui réduira de manière spectaculaire les besoins de financement de la Grèce à moyen terme et contribuera à la viabilité de sa dette", a-t-elle poursuivi. "Ce soutien du privé est une composante essentielle de la contribution de toutes les parties pour mettre la Grèce sur un chemin de croissance et de stabilité financière", a-t-elle conclu.

Le FMI voyait la réussite de cette opération comme une condition indispensable pour accorder un nouveau prêt à Athènes, devant remplacer celui de 30 milliards d'euros accordé en mai 2010. Son conseil d'administration a programmé pour jeudi une réunion sur le sujet.  

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Commentaires
a écrit le 09/03/2012 à 16:55 :
Chonique de Marc Firentino sur BFM radio de ce jour :
La Grèce un pays qui a triché, falsifié ses comptes pour entrer dans l?Euro (grâce à Goldmann Sachs). Un pays dont les entreprises et les habitants aisés qui n?ont jamais payé leurs impôts et qui ont vécu à crédit depuis des dizaines d?années, viennent de recevoir 2 cadeaux du ciel : un par un coup de baguette magique vient de se voir annulé 50 % de sa dette et en plus on lui prête près de 250 Milliards d?euros à des conditions préférentielles, certes avec des conditions d?austérité drastiques mais alors le Portugal fait des efforts, l?Irlande s?est mise au pain sec, l?Espagne, l?Italie font des efforts et eux doivent payer leurs dettes à 100 %, aucun cadeau, pas d?abandon de créances pour rembourser jusqu?au dernier centime.

Parce que l?on a les yeux rivés sur le court terme, on se réjouit du succès du « deal grec » pour que la bourse puisse tenir quelques semaines et que l?on gagne encore du temps.

Les autres pays et surtout les habitants des autres pays à qui on demande des sacrifices vont raisonner de la même façon et vont se dire la Grèce d?accord, mais pourquoi pas nous ! Il doit y avoir un effet d?entraînement, pourquoi accorder à la Grèce un traitement privilégié et pas aux autres pays en crise, quelque soit les ruses utilisées par la Banque Centrale Européenne (BCE), la situation de fond n?a pas changée, les pays européens en crise ont une dette trop importante : ils ne pourront ni rembourser, ni supporter sans sacrifier leur croissance et leur emploi, alors le soi-disant succès de l?opération grecque est une incitation à la mauvaise gestion financière.

Alors les autres pays sont en droit de demander le même traitement, si on a restructuré la dette grecque alors on doit restructurer toutes les dettes européennes.

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