Chypre joue contre la montre et peaufine son plan B

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Paralysée, Chypre a cherché jeudi, sous la pression d'un ultimatum européen, à éviter coûte que coûte la ruine et la faillite de ses banques, grâce à un plan B protégeant les petits épargnants mais qui reste encore suspendu à l'aval des Européens. Jeudi soir, Standard & Poor's a abaissé la note chypriote à CCC.

Le plan B chypriote sera-t-il le bon ? Les ministres des Finances de la zone euro se sont dit prêt à en discuter avec Nicosie. Une réunion devrait se tenir à Bruxelles dimanche.

Pas de taxe en dessous de 100.000 euros

La zone euro est toujours disposée à venir en aide à Chypre, au bord de la faillite, "à condition que les paramètres définis au préalable soient respectés", affirme le président de l?Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Les bailleurs de fonds potentiels de Nicosie - UE et FMI - refusent notamment de lui prêter plus de 10 milliards d'euros car ils tiennent à ce que sa dette n'aille pas au-delà de 100% du PIB en 2020.

Ils souhaitent en outre que le pays mette en place une taxe sur les dépôts bancaires qui s'appliquerait uniquement aux dépôts au-dessus de 100.000 euros. "L'Eurogroupe réaffirme l'importance de garantir totalement les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros" dans l'Union européenne, indique le communiqué publié jeudi soir à l?issue de?une réunion téléphonique de l?eurogroupe.

L'Europe pourrait être la seule solution pour Chypre : le ministre des Finances, à Moscou depuis mardi, est parti vendredi matin sans qu'aucun accord n'ait été annoncé. Michalis Sarris cherchait à obtenir un assouplissement des conditions du prêt de 2,5 milliards d'euros accordé par Moscou à Nicosie en 2011, et avait proposé aux Russes des investissements dans le secteur bancaire et énergétique en échange d'une aide.

Restructuration bancaire et plan de solidarité

La Banque centrale chypriote a proposé jeudi soir en urgence de procéder à une restructuration du secteur bancaire, menacé de banqueroute. "Cette procédure de consolidation va parer au risque de faillite de banque et protéger dans leur intégralité tous les dépôts assurés jusqu'à un montant de 100.000 euros", a assuré son gouverneur, Panicos Demetriades.

Le président chypriote Nicos Anastasiades a réuni jeudi en fin d'après-midi ses ministres et les chefs des partis politiques au palais présidentiel à Nicosie pour adopter un plan B. Le nouveau plan prévoit l'instauration d'un fonds de solidarité, aux contours encore très flous. un vote doit avoir lieu vendredi au Parlement. Les députés ont dit avoir besoin de plus de temps pour examiner cette législation, un point clé du plan B que les autorités chypriotes ont jusqu'à lundi pour présenter à l'Eurogroupe.

>>Chypre : un plan B qui va faire payer les riches déposants

Le temps presse

"Les autorités chypriotes ont trois choses à faire d'ici mardi: présenter un plan B crédible et viable pour remplacer le plan de sauvetage rejeté par le Parlement, instaurer un blocage sur une longue période des capitaux placés dans les banques, et préparer la fusion entre les deux principales banques en difficulté", a expliqué cette source sous couvert de l'anonymat. Faute de quoi, Chypre risque de sortir de la zone euro, a-t-elle prévenu.

La crise à Chypre pose un "risque systémique" pour la zone euro, a surenchéri M. Dijsselbloem devant le Parlement européen. "Nous devons travailler à un programme qui mettra fin à ce risque".

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est montré sceptique sur la qualité du Plan B que prépare Chypre, selon le quotidien Bild, qui cite vendredi des propos du ministre rapportés par des membres de la coalition d'Angela Merkel. "La cosmétique seule ne suffit pas", a déclaré M. Schäuble, selon les confidences, citées par Bild, de participants à une réunion des partis de la coalition d'Angela Merkel qui se tenait à Berlin jeudi soir.

Dégradation en CCC

Jeudi matin, la Banque centrale européenne (BCE) a lancé le compte à rebours en annonçant qu'elle couperait lundi le robinet des liquidités aux banques chypriotes, à moins d'un accord acceptable entre Nicosie et ses bailleurs de fonds.

>> La BCE lance un ultimatum à Chypre

De son côté, l'agence Standard and Poor's a dégradé la dette chypriote d'un cran, à CCC, en estimant que "les risques d'un défaut sur la dette sont en train d'augmenter".

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a écrit le 22/03/2013 à 11:25 :
Chypre c'est tout petit, c'est comme le battement d'ail d'un papillon dans hémisphère sud qui provoque un cyclone dans l?hémisphère nord. attention attention aux répercutions
a écrit le 22/03/2013 à 11:03 :
à votre avis "La Suisse pourrait adopter des taux d'intérêt négatifs si le franc suisse continue sa hausse"... ça vous donne un indice sur l'avenir de Chypre !.... j'oubliais également la baisse de l'euro face au dollar !
a écrit le 22/03/2013 à 10:50 :
Les Russes vont gagner. Pourquoi avoir intégré ce paradis fiscal dans la zone Euro..??
Réponse de le 22/03/2013 à 11:59 :
les Chypriotes jouent à la roulette Russe !
a écrit le 22/03/2013 à 10:43 :
ils ne devraient pas hésitera taxer ces epargnes ou l'argent n'est pas toujours propre et mérité.a bon entendeur.si tout les pays,pouvaient le faire,ce ne serait que justice.enfin prendre l'argent a ceux qui en on trop.
a écrit le 22/03/2013 à 9:56 :
Qu'il fassent vite avec le plan B. Ils sont en train de jouer avec leur survie. S'ils n'avaient pas été à l'euro il y aurait eu dévaluation, sans doute de 30 à 40%. Les placements bancaires se seraient trouvé dévalués d'autant. L'existence de l'euro les protège de cette perte colossale, mais en contrepartie il faut accepter une taxation, frinalement modeste sur les dépôts bancaires. En fait le problème n'est que psychologique entre une perte de valeur et une taxation.
Réponse de le 22/03/2013 à 10:43 :
@Fremen. Sauf que c'est pas une taxation c'est du vol. A moins d'avoir une contrepartie en actions ou en obligations des banques concernées. L'autre solution qui semble heureusement se dessiner c'est une aide en échange de concessions de gaz. L'idée de faire un exemple sur un paradis fiscal est tentant, mais la dernière fois que l'on à voulu faire un exemple (Leman Brother) on à touché le fond. Donc mieux vaut trouver une solution rationnelle d'autant que les sommes en jeux sont ridicule (10 milliards). Alors que si ça dérape le sauvetage pourrait vite demander 20 ou 30 milliards...Si les déposants vident leurs comptes.
Réponse de le 22/03/2013 à 11:36 :
Si on part du principe qu'une "taxation c'est du vol"..!! l' ISF est une taxe sur l'ensemble du patrimoine....!! Une taxe au dessus de 100000? n'aurait rien de scandeleux surtout sur de l'argent douteux Taxons les paradis fiscaux et les pays blanchisseurs.....!!
Réponse de le 22/03/2013 à 13:15 :
C'est effectivement une question de présentation. On aurait dû d'abord annoncer aux Chypriotes que leurs banques sont fermées jusqu'à nouvel ordre, car elles sont en faillite (ce qui est exact), et qu'ils risquaient fortement de perdre l'intégralité de leur dépôt car l'état chypriote n'a pas de quoi les garantir. Et ensuite on annonce que la solution est une intervention de l'Europe qui fournit de l'argent qui leur permet jusqu'à 100 000 ? de sauver 90% de leur mise, et 80 % au delà.
a écrit le 22/03/2013 à 9:27 :
que se passe t-il à l'intérieur des banques chypriote sur les comptes des russes par exemple ? y-a t-il une sortie dérobée discrète pour les vip !!!
Réponse de le 22/03/2013 à 10:37 :
Très bonne question !!! Je pense qu'il y a un bon nombre de VIP russes concernés et non des moindres !!!
a écrit le 22/03/2013 à 9:17 :
Qu'ils fassent comme en Islande, les banquiers et les politiques qui bidouillent en prison. En France aussi cela en ferait du monde avec les chaines aux pieds !
a écrit le 22/03/2013 à 8:58 :
Quoiqu'il arrive, le modèle économique Chypriote devra etre profondément modifié et le pays paiera donc une seconde fois et très cher les gains faciles du passé.
On oublie un peu vite que cette frénésie spéculative mondiale de la finance est ce qui a permis à la plupart des pays occidentaux de financer une amélioration factice du niveau de vie du citoyen.

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